Resident Evil 2 (Xbox One)

par Joki style
En 2002, Capcom avait réédité le premier opus de Resident Evil en proposant un remake disponible exclusivement sur Gamecube, puis sur Wii en 2009. Cette refonte graphique de l’épisode original paru sur Playstation en 1996 était d’une qualité quasi irréprochable avec un gameplay également optimisé. Par la suite, cette version fût adaptée pour les supports actuels. Aujourd’hui, le studio japonais remet le couvert pour le deuxième épisode de la saga qui fête ses 21 ans d’existence cette année. Capcom n’a plus à démontrer son savoir-faire dans ce domaine (malgré quelques recyclages opportunistes) et ce Resident Evil 2 totalement remanié et modernisé devrait en toute logique nous replonger dans l’horreur d’Umbrella à Raccoon City entre nostalgie et redécouverte. L’effet escompté fonctionne-t-il ?
A la croisée des chemins
Leon est une jeune recrue de la police de Raccoon City qui débarque en ville pour son premier jour. Claire quant à elle est à la recherche de son frère Chris Redfield, un des membres des STARS du commissariat de Raccoon City. Leurs chemins vont se croiser dès le début de l’aventure et tous deux seront rapidement confrontés à l’épidémie qui fait rage sur place.


Le scénario reste identique dans les grandes lignes à la version d’origine. Que l’on incarne Leon ou Claire, l’histoire sera sensiblement la même avec un cheminement quasi similaire. Seule la partie avec Claire nous propose de découvrir l’orphelinat en contrôlant Sherry, un nouveau lieu exclusif à cette version. Dans le même esprit que l’opus d’origine, il est possible une fois le jeu terminé avec un personnage d’entamer une partie bis avec l’autre héros. Ainsi, on redécouvre l’histoire sous un angle différent en fonction des actions déjà accomplies lors du précédent parcours avec l’autre personnage. Le résultat est assez convaincant et le travail d’écriture autour de ce scénario légèrement remanié tient la route sans altérer l’original. Les principaux changements sont plus de l’ordre de la mise en scène lors des cinématiques. Sur ce point, les technologies actuelles permettent de faire des merveilles en sublimant l’esthétique globale du titre.


Chaque scénario (Leon et Claire) compte environ 6 heures de jeu, soit une douzaine au total. Les scénarios bis seront quant à eux moins longs, mais tout de même conséquents. Il faudra donc compter pas loin d’un vingtaine d’heures de jeu pour retourner toutes les possibilités scénaristiques du titre. Mais ce n’est pas tout, en terminant le jeu sous certaines conditions (je n’en dirais pas plus même sous la torture…), un nouveau mode sera débloqué : The 4th Survivor (présent dans la production originale).
Enfin, si vous êtes friands de challenges, des défis à réaliser sont disponibles tout au long de l’aventure. Une fois accomplis, il vous permettront de débloquer des artworks (disponibles dans la galerie), des tenues alternatives pour les personnages ou encore des armes à munitions illimitées.


Gameplay : l'héritage d'une saga
Ce Resident Evil 2 s’oriente plus vers l’action que son ancêtre. Les énigmes sont toujours présentes et peu compliquées, mais la réelle différence se joue au niveau du gameplay. Beaucoup plus nerveux et ergonomique qu’à l’époque (heureusement me direz-vous), ce TPS est plus maniable et beaucoup moins rigide que l’original. Les contrôles modernisés permettent des raccourcis pour sélectionner les armes (principales et secondaires). La caméra à l’épaule est de retour contribuant à une action plus immersive. Pour résumer, Capcom a su garder et prendre en compte les améliorations de gameplay de la saga au fur et à mesure des épisodes pour l’adapter à cette interprétation moderne de Resident Evil 2.


Les zombies et autres créatures du jeu sont très résistants et il ne faudra pas lésiner sur les munitions pour venir à bout des ennemis. En ce sens, cette version est plus difficile, mais la sauvegarde automatique (indisponible en difficulté Hardcore) lors de certains passages permet de relancer un tronçon mal négocié. Toutes les composantes de la série sont présentes dans cet opus (coffres pour stocker les objets, machines à écrire pour les sauvegardes, énigmes à résoudre, documents à collecter, objets à combiner…) et ne dépayseront pas les habitués de la saga. L’exploration des différents lieux est un vrai régal (le commissariat est vraiment bien détaillé), facilitée par une carte très pratique qui indique les objets à proximité de votre passage.
RE Engime plus fort que le virus G
Le moteur utilisé pour le jeu est le même que celui de RE7 : le RE-Engime. Celui-ci a déjà fait ses preuves avec l’épisode 7 en proposant des graphismes très réalistes et un rendu sonore impressionnant. Le jeu prend également en charge les améliorations apportées à la Xbox One X offrant une résolution 4K ou 60 images/seconde. RE7 avait à charge de supporter la VR, condition exempte pour ce RE2 qui en sort encore plus joli graphiquement.


Le point fort de ce nouveau RE2 est sans conteste l’ambiance oppressante, glauque et horrifique qui transpire de chaque endroit que l’on parcourt. Les jeux de lumière sont vraiment bien exploités tout au long du jeu (le HDR en est sûrement pour quelque chose). La bande sonore amplifie ces sensations entre le parquet qui craque, la pluie qui claque sur les vitres, le souffle du vent, l’orage, les gémissements et autres cris des monstruosités qui errent dans les environs. La thématique de la peur est parfaitement respectée, le tout accompagnée par des musiques adaptées aux situations que les fans reconnaitront. Ces dernières ponctuent l’aventure en étant omniprésentes et laissent souvent la place au silence des lieux ponctué par des bruitages beaucoup plus angoissants. A noter que le doublage en français de bonne qualité est pour le coup très bien retranscrit.


La physique des ennemies est également « bluffante », les zombies déambulent les chairs à vif, les Lickers sont rapides et mortels ; les monstres bougent avec un réalisme convaincant. Les impacts de balles sont très réalistes également et il est désormais possible de démembrer les ennemis en concentrant ses tirs sur une partie du corps ou encore à l’aide du couteau de survie.
Bien entendu, le tout est sublimé grâce à des effets crédibles et gores à souhait : âmes sensibles vous voilà prévenues !

Le bestiaire est globalement identique à l’opus d’origine. Peu varié, mais parfaitement cohérent avec les différents lieux traversés et surtout modélisé avec un soin particulier. L’IA des ennemis est réussie et ces derniers ne manqueront pas de vous mettre le grappin dessus au moindre bruit. Outre les zombies et les lickers, le parking du commissariat abrite les chiens de la police transformés en fameux cerbères. Le Tyran, ou Mister X, n’aura de cesse de vous poursuivre lors de certaines phases de jeu, histoire de mettre un peu plus la pression à la manière du Nemesis dans RE3. Les quelques combats contre les boss ne sont pas si anthologiques que ça (William Birkin sous différentes formes et le Tyran) et m’ont laissé sur ma faim avec une mise en scène parfois expédiée.


Concernant la réalisation des succès, il faudra avoir le courage de refaire plusieurs fois le jeu pour tous les débloquer. La plupart pourra s’obtenir en une seule et même partie et demandera parfois un peu de persévérance lors de l’exploration. Cela dit, le 100% est largement à la portée des joueurs tout en proposant un challenge plaisant.
Conclusion
Sans prendre de risque, Capcom reste sur le fond assez fidèle à la formule d’origine qui nous avait fait frémir il y a plus de vingt ans. Sur la forme, c’est un véritable fan service que nous offre le studio japonais. Cet épisode culte de la saga est superbement modernisé grâce à un moteur maison parfaitement calibré et des mécaniques de jeu plus intelligentes, héritées des épisodes passés (je pense notamment à la caméra à l’épaule de RE4). Le titre est bien équilibré entre action, survie et horreur pour délivrer un réel plaisir de jeu. Seules les énigmes manquent encore de réel intérêt, tout comme les combats contre les boss qui sont au final assez vite expédiés. Il n’en reste pas moins que cette version tient largement la route et ravira les fans comme les nouveaux venus qui découvrent cet épisode.
Note 9/10
On aime
- L'ambiance incroyable
- La physique des corps bluffante
- Les graphismes sublimés par le RE Engime
- Le gameplay équilibré et accessible
- Les bonus et des défis
On n'aime pas
- Les énigmes prévisibles et quasiment identiques pour les 2 campagnes
- Le bestiaire cohérent mais moins étoffé que la version originale
- Les confrontations contre les boss trop vite expédiées
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Resident Evil 2
Packshot de Resident Evil 2 sur Xbox One
Date de sortie française 25 janvier 2019
Genre : Horreur
Dev. : Capcom
Edit. : Capcom
Resident Evil 2 Compatible HDR sur Xbox One S
PEGI 18
1 joueur hors ligne