Hover (Xbox One)

par Le Raph
Jet Set Radio Future avait marqué de façon indélébile le lancement de la toute première Xbox en 2002, Descendant direct de l'un des pères fondateurs du Cel-Shading, il avait su conquérir le coeur des gamers avec sa direction artistique futuriste et colorée, une bande-son élecro/hip-hop incroyable et des déplacements en rollers à la fois techniques et jouissifs dans un Tokyo vivant, rempli de graffitis et des policiers agressifs.

Laissant un grand vide derrière elle, la licence est malheureusement aujourd'hui enterrée, laissant la part belle aux projets des studios indépendants comme Jet Set Radio Evolution retoqué par SEGA ou bien à notre jeu du jour : Hover.

Développé par les Français de Midgar Studio, Hover propose une réponse à tous ceux qui sont à la recherche d'un héritier à la licence de SEGA. S'inspirant de l'univers créé par l'équipe japonaise de Smilebit, allant même jusqu'à recruter l'auteur de la plupart des morceaux de la bande originale : Hideki Naganuma, Hover a mis le petit plat dans les grands pour mener à bien son projet. Sera-t-il à la hauteur de ses ambitions ? Réponse dans ce test.
Jet Set Radio Subjonctif imparfait
Dans un univers futuriste, vous débutez l'aventure dans la ville d'Hover City. La commune est gérée par Le Grand Administrateur qui a récemment légiféré afin de réduire à néant toutes activités ressemblantes de près ou de loin à du loisir ou du divertissement, notamment le jeu vidéo. La population est surveillée par des centaines de caméras ainsi que des robots-policiers, appelés E-Cops et toutes communications avec le monde extérieur sont simplement interdites. Vous y incarnez un clone fraîchement sorti du labo, qui sera aussitôt recruté par un groupe de rebelles appelé les Gamers. Ces derniers ont pour projet de saboter la propagande anti-loisir du pouvoir en place en créant le fun dans les rues et en rétablissant les connexions avec le monde extérieur.
Après avoir traversé un tutoriel austère et douloureux afin de vous donner toutes les bases d'un bon rider (sauter, grinder, tagger, marcher sur des œufs et esquiver la police), vous êtes enfin prêt à semer le fun dans toute la ville. La musique se lance enfin et pendant que ce parfum de nostalgie venant tout droit du studio du Professeur K vous remonte dans les oreilles, on découvre une ville vivante, pleine de couleurs et de néons, des possibilités de grind infinies et une verticalité vertigineuse. Clairement la direction artistique est léchée, les chara-design des personnages secondaires sont inspirés, le cel-shading est convaincant et le terrain de jeu est vraiment étendu grâce aux 6 districts disponibles, alors chaussez vos rollers du futur !

C'est ti-par ! 


Les premières impressions sont pour le moins étranges, alors qu'on s'attendait à du bon vieux patin à roulettes en gomme, on se retrouve avec des baskets semi-volantes, type hover-board, ce qui donne une sensation de flottement qui ne conviendra clairement pas à tout le monde. Les premiers déplacements sont assez laborieux, la faute à des contrôles peu commun et à une caméra pas toujours dans une position optimale. Maîtriser totalement le gameplay demandera plus ou moins de pratique avant d'être totalement à l'aise dans vos baskets. Les sauts manquent un peu trop de précision et certaines phases d'ascension se transforment rapidement en frustration, vous devrez donc également apprendre à gérer votre vitesse au risque de faire des chutes de plusieurs étages. Heureusement les développeurs ont pensé à tout avec la fonction rewind, qui vous enfermant dans une bulle, vous permet de remonter quelques mètres avant votre dernière gamelle. Assez déroutante et prise pour un aveu de faiblesse au début, cette fonction se justifie finalement assez vite par la grande verticalité de la ville et par quelques mécaniques pour ouvrir des portes ou encore troller la flicaille. Une fois qu'on s'habitue à la maniabilité, on commence vraiment à prendre du plaisir, on enchaîne de plus en facilement les sauts, les figures, les wall-jumps et autres grinds. Le gameplay une fois dompté, offre de très bonnes sensations de vitesse et de technique. On peut alors profiter pleinement du travail accompli sur le level-design, qui permet de se faire plaisir avec tous les éléments du décor qui s'imbriquent parfaitement pour que le joueur puisse créer son propre parcours et offre un sentiment de liberté vraiment appréciable. Le jeu dispose d'une vue FPS, qui offre de très bonne sensation également, bien que peu pratique en réalité.
Gameplay


On a traîné dans les rues, tagué sur les murs, skaté dans les parcs !
La ville offre son lot d'activités, avec beaucoup de quêtes distribuées par les PNJ répartis dans les différents districts : livraisons de colis, courses ou alors matchs de Gameball (le basket local), sympathique lors de leurs découvertes, elles deviennent rapidement redondantes et ce n'est pas l'histoire qui est finalement trop peu développée qui viendrait dynamiter tout ça. Du coup, on enchaîne les missions sans trop se poser de questions. Les dialogues sont uniquement écrits, bien que souvent futiles, certains recèlent quelques références bien sympathiques sur l'univers du Jeu Vidéo et de la pop culture. Dommage qu'il n'y est pas de carte de la ville quand on souhaite se repérer ou trouver une activité précise. Le jeu obligea à scanner à droite à gauche pour voir ce qu'il reste à accomplir. De même, étrangement vous devez scanner les PNJ pour communiquer avec eux alors qu'une simple touche aurait suffi. A côté de ça, la ville regorge de petits collectibles à ramasser, comme de coffres, des gameboys, des affiches à taguer, des panneaux à briser et des robots-policiers à piéger, qui cela dit en passant, ne sont pas très malins et ne représentent presque aucune menace ; le tout en offrant une durée de vie honorable de plusieurs dizaines d'heures.


Vos récompenses de quêtes et vos exploits techniques, vous donneront accès à des badges que vous pourrez insérer dans l'arbre de compétence de votre avatar afin d'améliorer ses statistiques comme la vitesse, l'agilité, la force ou encore le piratage. Malheureusement, toutes ces améliorations ne se ressentent que trop peu sur le gampeplay. Vous pourrez débloquer au fil de l'aventure jusqu'à 11 personnages aux designs variés et sympathiques, avec leurs propres qualités.

Le jeu se joue aussi bien en multi, qu'en solo. Le mode multi est vraiment parfaitement intégré dans la ville et on croise d'autres joueurs qui virevoltent dans la street. Ils peuvent créer et rejoindre facilement les défis de courses et de gameball, ce qui participe grandement à la vie à la ville d'Hover City et donne un aspect MMO au titre vraiment grisant.

Côté musique : la bande-son est juste excellente, avec quelques morceaux d' Hideki Naganuma et beaucoup de Cédric Menendez, mélangeant l'électro, le rock et le hip-hop pour un résultat ultra-dynamique qui accompagne non seulement parfaitement bien l'action mais qui donne une vraie identité au jeu. Un régal pour les oreilles qui manque cruellement d'une vraie station radio pour sélectionner nos titres préférés à la volée. Les morceaux sont joués suivant le quartier de la ville dans lequel vous êtes situé.

Concernant les succès, il y en une douzaine. Certains se débloqueront au fur et à mesure de l'histoire tandis que d'autres demanderont de faire des actions spécifiques, qui sans une bonne soluce sous les yeux, vous passeront sous le nez. Mais le 100% est tout à fait atteignable avec un peu d'huile de coude.
Conclusion
Hover, assumant totalement son inspiration de Jet Set Radio Future rempli finalement plutôt bien son pari malgré un feeling étrange au sol. Les sensations sont belle et bien là et c'est fluide. Le freerun est très agréable grâce à un level-design bien conçu. La direction artistique est plutôt jolie et la bande-son tout bonnement excellente. Malheureusement quelques ombres au tableau viennent gâcher la fête comme des sauts et quelques déplacements imprécis et frustrants, une caméra parfois aux fraises et une ville peu lisible qui offre des activités un peu trop redondantes. Le titre de Midgar studio reste une bonne pioche pour tous les amateurs de Parkour en manque de sensations !
Note 6/10
On aime
- Une direction artistique convaincante
- Une bande-son excellente
- Une ville vivante et bien conçue
- De bonnes sentations de glisse dans les deux vues
- Mode en ligne parfaitement fondu dans le jeu
On n'aime pas
- Certains déplacements et sauts imprécis
- Scénario décevant
- Manque de variété dans les missions
- Quelques mécaniques sous-exploitées
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Hover
Packshot de Hover sur Xbox One
Date de sortie française 19 septembre 2018
Genre : Action / Aventure
Dev. : Midgar Studio
Edit. : Playdius
Hover Compatible HDR sur Xbox One S
PEGI 7
1 joueur hors ligne - Jusqu'à 16 joueurs en ligne - Coop en ligne