Ace Combat 7 : Skies Unknown (Xbox One)

par Lestat
Il aura fallu attendre pas moins de 11 années (presque 12 diront les aficionados de Bertrand Renard) pour voir à nouveau arriver sur nos consoles de salon un épisode de la série Ace Combat. Très orientée arcade, malgré des possibilités de rendre le jeu plus « réaliste », le titre de Namco a la lourde tâche de faire découvrir la saga a la génération actuelle. Quant aux vieux de la vieille, ils peuvent être rassurés, ils y retrouveront tout le sel des épisodes précédents et peut-être plus dans ces cieux pas si inconnus.
L’as des Ace
La série a toujours proposé un mode campagne étoffé permettant d’apprécier un scénario qui ne se contente pas de présenter la guerre sous un seul aspect. Très orienté philosophie japonaise, Ace Combat 7 ne déroge pas à la règle et conte, à travers des cinématiques plutôt réussies, les affrontements que se livrent la Fédération d’Oséa et le Royaume d’Eruséa. Ces noms parleront aux anciens, tout comme le procédé narratif sous forme de voix off et de flashback. Il est d’ailleurs conseillé d’avoir fait les précédents pour bien apprécier le contenu.

On suit plus particulièrement les aventures d’un pilote de l’armée, Trigger, accusé à tort d’avoir abattu un VIP et qui se retrouve engagé de force dans un escadron de repris de justice. Système pénal particulièrement sévère pour tout le monde, y compris quand on a été le patron de Nissan Renault, la punition est à la hauteur du crime, mais avec un aspect utile pour la nation : vous êtes condamné à piloter pour purger votre peine dans des missions suicides que n’effectueront pas les militaires classiques. C’est ainsi que Trigger va à nouveau devoir faire ses preuves tout au long des 20 missions qui constituent la campagne. Comme à l’accoutumée, le message principal est le suivant : tout n’est pas blanc, ni noir, il n’y a ni gentil, ni méchant. Juste des hommes qui se tirent dessus. Ça reste pauvre, mais ça se laisse suivre allègrement.





Il faut compter pour les clôturer entre 15 minutes et près d’une heure pour certaines, ce qui amène la durée de vie à une bonne dizaine d’heures lorsqu’on joue en niveau normal et à bien plus si vous augmentez celui-ci. Le challenge est d’ailleurs plutôt corsé, y compris en intermédiaire avec des objectifs principaux et secondaires variés : atteindre tel score en tant de temps, détruire uniquement tel bâtiment sans toucher les autres ou, pire, survivre à l’ennemi sans armement pour l’attirer dans un piège. Gros coup de cœur d’ailleurs pour le « boss » du jeu, l’aéronef ultime qui sert d’illustration au collector du titre.
Côté pilotage, c’est de l’arcade pure qui nécessite néanmoins de bien doser les accélérations / freinages et virages serrés, mais qui ne s’embarrassent pas des phases de décollage, atterrissage et ravitaillement, purement optionnelles et qui peuvent donc être passées d’une pression sur la touche menu. Les missions mettront largement vos nerfs à rude épreuve, cela d’autant plus que les points de contrôle sont parfois inexistants, obligeant à tout recommencer en cas d’échec.

Pour vous aider, les victoires en solo (comme en multi d’ailleurs) donnent des points permettant de débloquer, dans un arbre de compétences très étoffé, un bon nombre d’avions (plus de 20) aux caractéristiques différentes : coucous polyvalents ou plus axés sur le combat air-air ou encore le air-sol. Il y a de quoi faire et il y en a surtout pour tous les goûts ! Les bombardiers seront également de la partie. À côté des avions, des améliorations pourront être acquises et montées en nombre limité sur chaque avion : amélioration de la résistance au givre en altitude, du contrôle lors des lacets ou encore guidage / puissance améliorée pour les multiples armes. On peut ainsi facilement personnaliser l’appareil en fonction de la mission à effectuer. Ces améliorations sont également dispo en multijoueur, mais pas dans leur totalité pour éviter les perks qui déséquilibreraient trop les combats. Dans tous les cas, il sera nécessaire de beaucoup jouer en refaisant les missions en mode libre, ou en combattant en multijoueur, pour gagner les crédits utiles à l’acquisition de tout cela.

Les chasseurs de 1000 G pourront donc s’en donner à cœur joie (49 succès), car les actions à réaliser demanderont maîtrise, concentration et surtout investissement, notamment pour obtenir plusieurs médailles liées au score, finir l’intégralité des missions en difficile, chopper tous les G en multijoueur et débloquer l’ensemble de l’arbre de compétences. Mais rien de plus normal me direz-vous : après tout, hormis dans une simulation classée X et réservée aux adultes, il n’y a que dans un jeu d’avion que l’on se sent l’obligation d'avaler des G en pleine tronche sans broncher. A noter, un succès nécessite d'être évalué 150 fois lors des parties à plusieurs.
Technique de haut vol ?
Côté technique, Ace Combat 7 souffle le chaud et le froid avec un Unreal Engine 4 qui fait le job. Côté chaud, la modélisation des avions est toujours impeccable et cela jusque dans le moindre détail (les armes changent, les trains d’atterrissage se déploient, les trappes de ravitaillement s’ouvrent…). On s’y croirait immédiatement : les cockpits sont également fidèlement reproduits avec un petit bémol sur la lisibilité de cette vue bien trop étriquée. On lui préfèrera celle dévoilant intégralement l’espace aérien pour ne laisser visible que l’altimètre, la vitesse et l’ATH dédié au ciblage. Quant à la vue de l’avion, elle est à mon sens inutile tant elle tue la sensation de vitesse. Celle-ci est d’ailleurs déjà trop peu élevée d’un point de vue général.
Toujours dans les plus, on ne peut qu’applaudir des deux ailerons la technologie trueSKY qui a été utilisée pour rendre les effets climatiques et météorologiques : traverser une tempête de sable, un orage ou passer au travers des nuages provoquera tout un tas d’effets visuels et volumétriques. Sans compter l’effet sur les conditions de pilotage avec un avion qui peut décrocher, se retrouver paralyser sans équipement du fait d’un éclair ou pire encore givrer en trop haute altitude ou trop faible température. C’est vraiment beau, à tel point d’ailleurs que si la VR de la console concurrente ne proposait pas que 3 pauvres missions pour s’immerger pleinement, on serait presque jaloux de ne pas voir cette technologie arriver sur nos Xbox One pour Ace Combat 7.

En revanche, là où bât blesse, c’est dès que l’on regarde autre chose que les avions ou le ciel : les bâtiments sont grossiers, les camions, tourelles SAM ou DCA font peine à voir et le sol est tout moche. Les reliefs font le minimum syndical, tout comme les arbres et sapins plantés là comme des cure-dents peints en vert. On n’en voudra pas tellement aux développeurs, car il est prévu de passer vite au-dessus le temps de larguer son missile ou sa bombe. Pas le temps normalement de s’arrêter pour prendre une photo. Dommage dès lors qu’un soin particulier n’ait pas été apporté dans les niveaux (très intelligemment bâtis au demeurant) qui demandent à voler sous les nuages ou à très faible altitude pour passer sous les radars adverses.

Enfin, et c’est sans doute le plus dur à avaler à l’heure actuelle, aucune prise en charge ni de la 4K, ni du HDR : le jeu affiche un insolent 1080p sur la Xbox One X et un très insolent 720p sur la One S. Si le framerate est stable à 60 FPS sur la One X (aucune chute constatée), on ne peut pas en dire autant sur la petite sœur qui accuse des baisses flagrantes. On aurait aimé vraiment pouvoir admirer les cieux avec un gros 4K dans l’œil.

Côté bande son, rien à redire : bruitages comme musiques sont parfaites. Jouer au casque est un vrai plaisir ou alors, à condition de se trouver avec une personne plus tolérante aux bruits que celle qui partage amoureusement ma vie, mettre à fond le kit 5.1 fait monter l’immersion d’encore un cran.
Tu te tires ou tu te pointes ?
Parlons un peu du multi pour finir. Le jeu offre des modes assez classiques et conventionnels avec du match à mort en équipe ou seul contre tous. En résumé si vous avez peu de temps : ça se passe à 8 maximum et ça fritte bien violemment dans tous les sens. En fait, c’est vraiment là qu’on se rend compte que nous ne sommes pas tous nés avec les mêmes talents de pilotes virtuels : aucune excuse d’ailleurs pour « rager » sur l’adversaire qui vous abat puisque le matchmaking se débrouille pour vous coller dans des parties avec des joueurs utilisant la même catégorie d’aéronef que la vôtre. L’équilibrage est bien fichu, cela d’autant plus que, comme dit précédemment, les perks débloqués en solo ne sont pas tous utilisables. Il faut donc ruser et surtout ne pas foncer dans le tas : analyser l’environnement est primordial pour se planquer dans les nuages ou entraîner l’adversaire dans les méandres de montages ou de récifs. Le relief est bien utile et il faut compter avec pour gagner.

On regrette simplement que s’envoyer en l’air à plusieurs soit limité à ces combats, surtout dans un jeu qui se serait divinement bien prêté à de la coopération pendant la campagne.
Conclusion
Ace Combat 7 : Skies Unknow c’est un peu comme le retour du fils prodigue : ça fait 12 ans que tu attends qu'il rentre et finalement il se pointe, s’installe chez toi, colle son linge salle dans ta machine à laver et vide ton frigo. Tu as envie de l’étrangler malgré ses défauts persistants, mais pour autant tu l’aimes et tu prends plaisir à le retrouver. Derrière cette métaphore paternaliste réside vraiment ce qui résume le titre de Namco : c’est bon, très bon, mais perfectible. Pour autant on s’éclate et on en redemande !
Note 7/10
On aime
- Les avions, le ciel, c’est beau
- Le gameplay toujours aussi nerveux
- Les missions variées
- Beaucoup de contenu
- Bande son
- Arcade, bien comme il faut
- VR pauvre donc pas de regret (#troll)
On n'aime pas
- Pas de coop
- Scénario manichéen
- De près ce n’est pas beau
- Pas de 4K / HDR, dommage ça s’y prêtait bien
- Trop arcade pour certains
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Ace Combat 7 : Skies Unknown
Packshot de Ace Combat 7 : Skies Unknown sur Xbox One
Date de sortie française 18 janvier 2019
Genre : Combat
Dev. : Project Aces
Edit. : Bandai Namco Games
Ace Combat 7 : Skies Unknown Compatible HDR sur Xbox One S
PEGI 12
1 joueur hors ligne - Jusqu'à 8 joueurs en ligne