Mulaka (Xbox One)

par Reaping TSI
Mulaka emprunt de mythologie, nous raconte la culture indigène des Tarahumaras, peuple du nord du Mexique. Le soft action/aventure plutôt atypique par le sujet traité peu commun, débarque d'Amérique latine via le studio Lienzo. Ce dernier avait signé Hunter's Legacy en juillet 2016, un jeu de plateforme Metroidvania.
Te gusta el Chihuahua ?
Mulaka ça donne quoi ?
Sukurúame, le héros, est un sorcier/chaman possédant un don de double vue, capable de communier avec les divinités et de confectionner diverses potions à l’aide de la flore locale. Ce statut particulier lui sera bien utile dans la tâche qui est sienne à savoir, sauver le monde des maux qui le ronge. S’attirant les grâces de dieux qui lui confèreront quelques pouvoirs bien utiles dans des déboires, que ses capacités naturelles seules n’auraient suffi à surmonter, le valeureux héros s’apprête à mettre à l’épreuve les forces du mal, portant en lui l’espoir de tout un peuple.

Concernant le cœur de la meule, autrement dit le gameplay, le jeu est loin d’être révolutionnaire et exempt de défauts. Mulaka se compose d’une petite dizaine de niveaux dans lesquels le joueur devra dénicher 3 cristaux servant à ouvrir la voie vers la prochaine destination, pas vraiment déstabilisant d’originalité.

Les environnements ne sont pas très grands et n’offrent pas un fort sentiment d’exploration. La boussole, peu intuitive, mène à des objectifs souvent assimilés à des arènes plus étriquées dans lesquels vous devrez vous soumettre à un affrontement brouillon ou une énigme adaptée à un enfant de 10 ans, dont le principe, se répètera tout au long du soft, parfois à la suite à quelques phases de plateformes pas des plus réussies.
Le protagoniste, qui dispose d’une panoplie de coups (faibles, forts, esquives, sauts, etc..) alliée à des décoctions permettant un gain de vie ou de force entre autres, use de ses compétences au sein d’un système de combat qui ne chamboulera pas l’amateur du genre.
Les animations des dites potions, prennent par ailleurs un temps beaucoup trop long pour être fonctionnelles en combat et sont causes de frustration tant les ennemis ne rechigneront pas à profiter de l’occasion pour vous mettre à terre, crises de nerfs garanties ! Rajoutez à cela des patterns navrants de simplicité pour un bestiaire peu varié et vous comprendrez que les joutes sont loin d’être son point fort.


Parvenir à atteindre et résoudre l’objectif en vue n’est pas vraiment difficile en soi, mais le vrai problème est que son cheminement et sa réussite ne sont guère passionnants non plus. Déjà vues mille fois, les situations n’apportent rien de nouveau ou ne subliment, de par leurs ambitions ou leurs réalisations, rien ce qui a déjà été fait ou vu ailleurs. La gestion du personnage dans l’espace est souvent approximative et rend impossible des déplacements précis au millimètre, que ce soit dans les combats ou les phases de plateformes. Les interactions avec l’environnement se résument à casser des cailloux, pour gagner une monnaie d’échange dans le but d’améliorer des statistiques qui n’en ont pas vraiment besoin et parler à des PNJ aux échanges des plus limités, livrant à l’occasion quelques indices sur la voie à suivre.

En résumé, la finition accordée à chaque élément de gameplay aurait dû profiter de plus de soins afin d’attiser une certaine envie de découvrir la suite des événements. Il est dommage également que les objectifs ne soient pas plus intimement liés à l’histoire et se résument toujours aux mêmes dénouements sans trop de rapport avec cette dernière. Les pouvoirs et capacités octroyés par les dieux ne sauront sauver un fond de jeu qui séduira peut-être les plus jeunes ou un public plus casual mais paradoxalement sûrement moins enclin à tenter l’essai d’un jeu misant sur une esthétique particulière et un thème original pour sortir du lot.
La gueule au carré

La facilité au service de l' histoire ?
Le parti pris graphique atypique, s’il peut ne pas plaire à tout le monde, parvient tout de même à démarquer Mulaka. Le rendu des formes géométriques, composant les éléments du décor et les personnages, alliés à des textures basiques et peu détaillées, confèrent au jeu un style très épuré. Les graphismes donnent l’impression d’être bruts de développement, tout juste texturés pour donner de la couleur et de la vie au tout. Ce côté dépouillé d’artifices se retrouve malheureusement dans le vide qui se ressent en traversant des aires de jeu peu peuplées ou animées.

Le titre est aussi victime de problèmes de collisions entre le héros et le décor, la physique du jeu étant fantaisiste, le héros peut par exemple louper un saut à cause de sa propension à imprimer une direction selon l’inclinaison du sol sous ses pieds. D’une manière générale le jeu comporte pas mal de petits bugs comme le fait de tomber à travers la map ou des passages impraticables pour on ne sait quelle raison apparente, un patch est déjà sorti pour régler quelques problèmes même si pas mal d’autres demeurent encore.
Les animations, pas des plus élaborées, suivent la logique de l’esthétique et finalement, de la philosophie générale du jeu, la simplicité. Ici point d’animations léchées et détaillées, mais elles sont en accord avec le style visuel.

Le titre ne souffre heureusement pas de chute de framerate notable et se révèle dans l’ensemble plutôt stable de ce côté. Mulaka souffle donc le chaud et le froid entre une patte artistique personnelle très colorée dont la contrepartie n’est autre qu’une finition en deçà des standards de production. À noter, le jeu ne possède pas de traduction française et vous n’aurez d’autres choix que l’anglais ou l’espagnol, problématique pour quelques-uns sur un jeu misant pas mal sur l’histoire.

Du côté des oreilles, celles-ci seront les auditrices de musiques d’ambiance typiques de ce que l’on peut attendre du titre en lisant son synopsis. Les percussions et autres instruments à air se succèderont pour laisser place à des passages rythmiques plus intenses lors des combats ce qui est courant là aussi. Le doublage vocal des PNJ est uniquement composé de bruitages simples à base de « ah, hum, etc.. » et le héros est muet. L’aspect musical du jeu est une des réussites du jeu dont l’ambiance tient une place importante.

Pas franchement difficile, au contraire même, le soft s'adresse de ce fait à un large public qui devra, certes, composer avec certains problèmes de gameplay et d' autres d' ordre technique mais passé ce constat le jeu ne contient pas de séquences infranchissables pour peu que l' on réfléchisse deux secondes et que l' on se serve des outils à disposition : capacités, pouvoirs, potions, etc… Comptez une dizaine d' heures pour finir la trame et le compléter le 100%.

Mulaka comporte 14 succès pour 1000G, simples à réaliser et ne demandant pas trop d'efforts, ils sont réalisables en un run.
Conclusion
De bonnes intentions ne suffisent pas pour réaliser un bon jeu. Mulaka possède bien une identité par son thème, mais ne transforme pas l'essai en échouant à proposer un gameplay intéressant desservant une histoire finalement assez classique et trop peu développée pour la personne qui voudrait davantage d’informations et d'anecdotes sur la religion et les conditions de vie de ce peuple méconnu. Pour résumer le jeu s’adresse plutôt aux débutants ou aux non-initiés tant aucune surprise ou découverte, ne le destine aux joueurs plus aguerris, dommage !
Note 4/10
On aime
- La direction artistique
- Son thème
- Les musiques
- Tente d'apporter un peu de variété : combats/énigmes/plateformes…
On n'aime pas
- Le gameplay : phases de plateformes imprécises, énigmes trop simples, combats brouillons
- L’histoire convenue et peu développée
- Les bugs en tout genre
- Du déjà vu et revu partout
- Pas de VF, entièrement en anglais ou en espagnol
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Mulaka
Packshot de Mulaka sur Xbox One
Date de sortie française 02 mars 2018
Genre : Action
Dev. : Lienzo
Edit. : Lienzo
PEGI 12
1 joueur hors ligne