Anthem (Xbox One)

par Joki style
Présenté pour la première fois lors de l’E3 2017, Anthem avait laissé une grosse impression en suscitant curiosité et interrogations. Après une sortie en janvier 2018 repoussée, le titre voit le jour un peu plus d’un an après avec très certainement une pression de la part de l’éditeur pour que le projet soit commercialisé dans les temps. Suite à un bilan mitigé, pour ne pas dire décevant de Mass Effect : Andromeda, EA se doit de redresser la tête et c’est donc dans ces conditions particulières que la nouvelle licence, Anthem débarque ce 22 Février 2019. Il convient également de prendre en compte, le modèle économique du jeu qui doit se doter de nombreuses mises à jour gratuites sur la durée : EA compte faire vivre le jeu sur plusieurs années, à l’image des jeux d'action multijoueurs coopératifs actuels. Cela sera t-il suffisant pour convaincre les joueurs de rester sur le jeu ?
Imbroglio à Bastion
Dans un premier temps, l’histoire d’Anthem n’est pas très claire, voir confuse et c’est à se demander si le studio sait réellement où il veut nous emmener… Après quelques heures de jeu et après avoir pris connaissance des différentes factions et protagonistes de l’histoire, on y voit heureusement un peu plus clair.
Les Démiurges, une civilisation ancienne du Bastion ont disparu en laissant derrière eux de nombreuses reliques au pouvoir inconnu et dévastateur. Mais le principal problème de leur extinction réside dans l’abandon d’une source d’énergie cataclysmique et indomptable : l’hymne de la création ; d’où le titre du jeu en anglais. Autour de cet héritage laissé à l’abandon gravitent divers protagonistes du Bastion cherchant à s’emparer de ce pouvoir incommensurable. Parmi eux, l’humanité tente tant bien que mal de survivre sur ces terres hostiles entre les menaces des Scars, des Proscrits et du Dominion. L’introduction nous présente d’ailleurs les événements du Maelström, une bataille perdue qui a marquée au fer rouge l’humanité.


Le joueur incarne un freelancer, pilote de javelin et protecteur de l’humanité. Le javelin est votre armure mécanisée, sorte d’exosquelette robotisé et armé façon Iron Man qui permet entre autre de voler grâce à des propulseurs. Le jeu vous propose 4 types différents de ces machines qui pourront tous être jouables en les débloquant au fur et à mesure de votre niveau de joueur ; au casting :
Le Commando, un exosquelette polyvalent et équilibré entre vitesse et résistance, capable d’une grande précision dans les tirs et spécialisé dans les grenades.
Le Colosse est le plus robuste de la bande, ce tank est spécialisé dans l’armement lourd pour des dégâts de zone et des éliminations multiples. Plus lents que ses compères, il surchauffe plus rapidement en vol et ne peut pas faire d’esquive alors que tous les autres javelins le peuvent. En revanche, il peut déployer un bouclier massif pour se protéger des tirs ennemis et charger les menaces à proximité en sprintant.
L’Intercepteur est le plus agile et rapide d’entre tous, il est spécialisé dans le combat au corps à corps grâce à ses enchaînements de lames. En revanche, il est peu résistant aux dégâts et posera souvent un genou à terre si vous foncez tête baissée dans la mêlée !
Enfin, le Tempête est le spécialiste des combats à distance grâce à ses pouvoirs élémentaires (feu, foudre, glace). C’est un peu le magicien de la bande, capable d’une grande précision en vol statique, c’est généralement un membre essentiel de soutien pour l’équipe.
Les classes sont complémentaires avec leurs défauts et leurs avantages. Chaque javelin possède en outre une compétence ultime qui lui est propre. La configuration des armes et des différents pouvoir à équiper se fait à la forge et il ne sera pas possible d’en changer une fois la mission lancée. La forge est aussi le lieu pour personnaliser l’apparence de votre exosquelette de la tête au pieds. Vinyles, peintures, état d’usure, animations, pièces d’armure sont autant d’éléments cosmétiques à modifier. Tout cela est bien entendu prétexte à la disposition d’une boutique qui vendra différentes choses chaque semaine. En contrepartie, cette boutique assurera sûrement la pérennité des mises à jour gratuites en contenu jouable. A savoir que tout ce qui est proposé peut être acheté avec l’argent virtuelle gagnée en jeu, mais aussi avec de l’argent réelle (éclats à acheter sur le MS store).


Les présentations sont faites et il est clairement établi que le jeu est pensé pour la coopération multijoueur en ligne. Vous pouvez créer une session privée pour jouer avec un, deux ou trois amis, mais par défaut un matchmaking se lance automatiquement en partie publique si vous jouez en solo. Il faudra donc impérativement un abonnement gold pour profiter du jeu.

Fort Tarsis est un des rares repères de survivants de l’humanité, il constitue votre base et vous y retournerez la plupart du temps après chaque mission afin de papoter avec les différents PNJ. Cela vous permettra de débloquer au fur et à mesure d’autres contrats et des intrigues propres à chaque personnage. Ces derniers seront toujours au même endroit, un peu comme s’ils tenaient un stand de fête foraine, le fort ressemble d’ailleurs à un vaste marché. Il faudra souvent composer avec de nombreux aller retours pour avancer dans l’intrigue principale ainsi que les trames secondaires. Cette mécanique particulière nuit beaucoup au rythme du jeu, sachant que vous serez en plus de cela tenté d’aller à la forge pour équiper votre javelin avec de nouveaux composants et nouvelles armes récupérés après une mission. Rusher cette composante des dialogues pourra être une alternative au risque de passer à côté de certains détails du scénario et surtout de ne pas débloquer d’autres missions et contrats secondaires. Cependant, seul un tiers des personnages sont des donneurs de quêtes, le reste de la population est purement là pour les apparences en projetant un semblant de vie et d’immersion.


Trois factions occupent le fort Tarsis : les Freelancers, les Sentinelles et les Arcanistes. Vous pouvez monter votre loyauté avec ces dernières grâce à un système de réputation sur 3 niveaux qui vous procurera à termes des plans de fabrication pour des composants, des plans de glyphes pour les consommables et des éléments cosmétiques pour les javelins et le Fort. Pour augmenter la réputation, il suffira de faire des contrats liés aux factions, de terminer des forteresses ou encore des événements mondiaux en exploration. La récolte permet également de faire monter la réputation de certaines factions. Enfin, la parlotte au fort avec les différents PNJ permettra d’augmenter sensiblement la réputation des factions entre chaque sortie en javelin.

Gameplay
Anthem procure d’excellentes sensations aux commandes des exosquelettes, chacun ayant une mobilité différente avec ses petits avantages et inconvénients. C’est assez grisant et la première prise de contact est bluffante ! La verticalité permet une réelle sensation de liberté et le calibrage des gunfights est aux petits oignons. Le tout est fluide et nerveux avec un gameplay plus subtile qu’il n’en a l’air grâce à un système de combos particulier.


Outre, les armes (une principale et une secondaire à équiper dans la forge avant de partir en mission), chaque javelin dispose de deux pouvoirs offensifs et d’un pouvoir de soutien en plus d’un pouvoir ultime (compétences) ; ils se rechargent tous après chaque utilisation. A cela s’ajoute des effets élémentaires (Feu, Glace, Électrique et Acide) en plus de trois types d’attaques qui gagnent en efficacité si elles sont exécutées d’une manière bien précise. Pour faire un maximum de dégâts et optimiser les attaques, il convient d’exécuter une attaque de type amorce pour ensuite déclencher le combo avec une autre attaque de type détonateur. Les combos peuvent être réalisés seul si votre javelin est équipé d’un pouvoir d’amorce et d’un autre de type détonateur, mais c’est bien souvent le travail d’équipe qui permettra de faciliter la réalisation des combos. Par exemple, les coups au corps à corps de l’Intercepteur sont de type détonateur, ce qui facilitera les combos lorsqu’il attaque avec ses lames une cible qui a subit au préalable une attaque d’amorce. Cet aspect du gameplay met en avant la coopération, essentielle dans Anthem : invincibles ensemble est la devise des Freelancers.


Dans cet état d’esprit, il est possible de sauvegarder plusieurs sets d’équipements pour un même javelin. Cela permet selon le groupe et la mission de jouer différemment et de calibrer son javelin en fonction, sans passer une éternité dans le menu de la forge.

La vidéo qui suit vous présente la première Forteresse que l’on débloque.



Une hymne envoûtante mais perfectible
Malgré le positionnement multijoueur du titre, le hub communautaire est assez sommaire. En effet, la baie de lancement qui rassemble les fonctionnalités du fort permet de rencontrer vos amis ainsi que d’autres joueurs entre chaque mission. Cela permet essentiellement d’enchaîner les missions plus rapidement, mais le fait de créer une escouade avec des amis convient tout aussi bien. Cet espace communautaire pour le matchmaking est donc hasardeux, discutable et dispensable.
La stabilité online du jeu a été capricieuse les premiers jours du lancement, mais un patch à vite été déployé les premiers jours pour pallier à ce problème. Aussi je conseille d’installer le jeu sur le disque dur de la console plutôt que sur un disque externe, ce qui rend apparemment les crash et autres déconnexions beaucoup moins fréquents. Cependant, quelques rares bugs peuvent encore survenir comme le script de certaines missions qui ne se déclenche pas. Un bug prive parfois le joueur de la bande sonore en pleine partie, auquel cas, il faudra relancer le jeu pour que tout rentre dans l'ordre. Certes, ce genres de soucis fera rager les plus pointilleux, mais ces petits désagréments peuvent facilement être corrigés par un patch. L’équipe de développeurs est d’ailleurs assez réactive et calibrera très certainement son jeu en parallèle au contenu additionnel à venir.


La durée de vie dépendra de ce que l’on attend du jeu en lui-même. L’histoire principale se plie entre 15 et 20 heures, mais il restera encore pas mal de choses à faire une fois le jeu terminé. En effet, le contenu end-game représente le gros du jeu pour les core gamers, car une fois le niveau maximum atteint (rang de pilote 30), la difficulté Grand Maître est disponible et permettra de goûter au véritable challenge d’Anthem pour acquérir de l’équipement magistral et légendaire. De nombreux contrats (dont un légendaire journalier), ainsi que 3 forteresses pourront vous occuper encore un moment après avoir terminé le scénario principal. De plus, des mises à jour gratuites viendront régulièrement étoffer le contenu. C’est ce qui a été annoncé par l’éditeur et j’espère vivement que ce positionnement sera respecté et honoré car en l’état on tourne vite en boucle à faire et refaire les mêmes missions, forteresses et contrats. C’est un peu le mal de ce genre de jeu qui comme Destiny à l’époque accusait d’une certaine répétitivité. Les objectifs des missions d’Anthem sont souvent identiques et ce n’est pas le bestiaire limité qui permettra de meubler un peu plus cette situation…

Le fonctionnement de l’équipement et du loot s'inspirent de celui de Diablo avec un code couleur que tout le monde connaît désormais. En augmentant en qualité, les objets similaires gagnent des bonus additionnels aléatoires. Comme Destiny, votre score matériel augmentera en fonction de votre équipement. En complétant des défis, il est également possible de débloquer des plans pour crafter armes et équipements. Il faudra bien sûr avoir suffisamment de ressources pour pouvoir se fabriquer son propre stuff. Et c’est là qu’intervient le mode partie libre qui vous propose de partir en expédition sans contraintes de temps pour rejoindre la zone de l’objectif imposées en mission. Ce mode est aussi pratiqué en PVE avec 3 autres joueurs via le matchmaking. L’exploration sera ponctuée par des événements mondiaux aléatoires tout comme Destiny… Il vous permettra également de parcourir l’ensemble de la carte du monde de Bastion afin d’y collecter les multiples secrets souvent bien cachés. A l’heure où j’écris ces lignes, il persiste encore des problèmes au niveau du butin : le magistral est une denrée rare (dans un sens c’est pas plus mal), mais le plus embêtant concerne les loot communs et peu communs qui sont encore présents pour les joueurs de niveau 30. Sur ce point, Bioware ne maîtrise pas vraiment la chose et devrait rapidement régler le problème car sur ce genre de jeu, le loot est la carotte qui fait avancer la mule. Le récent patch censé régler le problème n’a visiblement pas fonctionné...

Un petit bémol également pour les menus en tiroirs qui ne sont pas forcément clairs quand on se lance dans le jeu. Il faudra un petit temps d’adaptation pour se repérer dans les différentes parties et prendre le temps de lire leur contenu pour comprendre les subtilités du jeu (entre les défis, les prouesses, les capacités des pouvoirs, etc…). Le studio ne vous prend pas par la main et il faudra s’investir un peu pour apprivoiser le titre.
Il manque également un récapitulatif général des statistiques de l’équipement et des bonus attribués au javelin. Cela permettrait de mieux ajuster son équipement en fonction des compétences et des armes équipées plutôt que de faire des va et vient dans les menus de la forge, à défaut de mémoriser.


Mais tout n’est pas si mal dans Anthem, loin de là. Le jeu est fun avec une prise en main immédiate. Le Frosbite 3, moteur du jeu fait des merveilles, le soft est vraiment très joli et tourne sans broncher même sur Xbox One S, vous en aurez pour vos mirettes ! Cependant Bioware a privilégié le visuel au détriment du framerate qui se limite à 30 fps. Il n’en reste pas moins que le jeu est nerveux et fluide même en pleine action avec une horde d’ennemis à l’écran. Sur Xbox One X, le jeu s’affiche tout de même en 4K si vous êtes équipés d’un écran adapté, sinon ce sera du 1080p/30 fps. La bande son et l’ambiance sonore du jeu sont très immersives avec des thèmes épiques dignes des grands films du genre.

Enfin, les succès qui composent le titre sont largement abordables et les trois quart pourront être obtenus assez facilement en prenant le temps de vous consacrez aux divers défis du jeu (armes, compétences des différents javelins, exploration des régions du monde de Bastion, glyphes à trouver). Le reste des succès est simplement lié à l’accomplissement de certaines missions du scénario. Il faudra cependant consacrer un peu de temps pour obtenir le 100%.
Conclusion
Anthem est un très bon jeu, original et magnifique graphiquement. Fun, il l'est encore plus avec une bande de potes pour jouer en réseau. Les combats nerveux et intenses ne manqueront pas de séduire les joueurs qui endosseront l'exosquelette. Cependant, son contenu de lancement est bien trop maigre en plus des activités redondantes que proposent les diverses missions (c'est un peu le mal de tous ces jeux à leur sortie). Le contenu additionnel à venir et les patchs correctifs joueront un rôle important pour l’avenir de cette licence. En effet, Anthem possède un réel potentiel et m’a clairement séduit, mais il donne l’impression d’être sorti dans la précipitation et aurait suscité beaucoup plus d’intérêt avec un contenu plus varié et plus étoffé. Espérons qu'il se bonifie avec le temps, c'est tout ce qu'on lui souhaite : Bioware va devoir se remonter les manches.
Note 7/10
On aime
- Les sensations du gameplay
- L’ambiance sonore et visuelle
- Du contenu additionnel à venir
- Plusieurs façons de jouer avec les 4 javelins (création des sets)
- L’intensité des combats et le système de combos original
- Superbe graphiquement
On n'aime pas
- Les objectifs des missions trop répétitifs
- Bestiaire peu varié
- Beaucoup de dialogues sans intérêt au Fort
- Encore quelques bugs à corriger
- Contenu End Game trop limité au lancement
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Anthem
Packshot de Anthem sur Xbox One
Date de sortie française 22 février 2019
Genre : Action RPG
Dev. : BioWare Corp
Edit. : Electronics Arts
Anthem Compatible HDR sur Xbox One S
PEGI 16
 - Jusqu'à 4 joueurs en ligne - Coop en ligne