SoulCalibur VI (Xbox One)

par Le Raph
20 ans après sa sortie sur borne arcade, la série SoulCalibur reste encore aujourd’hui une référence dans son genre. Ses armes blanches, sa musique orchestrale et ses animations gracieuses ont permis à la licence de traverser les deux dernières décennies non sans encombre, puisque le dernier épisode n’avait pas rencontré le succès escompté par Bandai Namco, la faute à un gameplay un poil lourd et trop peu de nouveautés proposées.

Le studio japonais propose cette fois-ci un véritable retour aux sources en étendant son histoire depuis l’origine jusqu’au 3ème titre et insufflant de nouvelles mécaniques pour dynamiser le gameplay, afin d’offrir plus de spectacle durant les combats. Alors, est-ce que le studio a réussi à réaffûter sa lame qui commence sérieusement à s’émousser ?
Beyond 2 Soul
Après avoir traversé un menu principal laissant penser que vous aviez lancé un MMO Free2Play coréen, vous pourrez d’ici avoir accès aux deux modes solos que propose le jeu.

Et c'est ainsi que l'on retrouve : Balance de l’âme. Ici vous devrez créer votre propre personnage via l’outil de création qui est pour le coup, très bien fourni !

Pas moins de 16 bases humanoïdes disponibles comme les momies, les squelettes, les êtres maléfiques, les mutants, les hommes-lézards ou encore des automates façon Nier Automata. Ajoutez à cela une centaine d’équipements disponibles des pieds à la tête. Vous pourrez laisser libre cours à votre imagination, bien que les pièces d’armures n’ont presque pas bougé depuis SoulCalibur V. Dommage !
Une fois votre avatar validé, on retrouve plus ou moins la structure du mode « Maître d’Armes » qui a fait le succès du second opus avec des quêtes entrecoupées par des lignes de dialogues assez bien doublées, mais plutôt insipides au niveau de l’écriture car beaucoup trop nombreuses et agaçantes après quelques heures de jeu. Le rythme s’en retrouve haché et gâche un peu la fête. Vous aurez droit à quelques choix de dialogues, mais tout ça reste léger et superflu.

Pour avancer dans l’aventure, vous devrez affronter des adversaires dans des conditions spécifiques qui influeront sur les capacités du personnage et/ou de vos adversaires avec des bonus et malus en tous genres. Certains modifieront les conditions liées à l’arène de combat. Les combats vous rapportent de l’or et de l’expérience pour monter en niveau. Plutôt simples au début, ces derniers se corseront très rapidement, vous forçant à essayer de récupérer les meilleures armes en récompense de quêtes ou améliorer celles que vous possédez déjà en les fusionnant, à condition que vous ayez le level requis pour les équiper. Le mode est du coup plutôt riche et intéressant à parcourir grâce à un système d’exploration sympathique ou encore la possibilité d’améliorer les villes pour augmenter les stocks de marchands afin d’obtenir de l’équipement de meilleure qualité. Vous pourrez également louer les services de puissants mercenaires qui feront le sale boulot à votre place ; augmenter vos capacités grâce à la nourriture, évidemment si vous avez assez d’or dans votre besace. Ce mode offre donc une bonne dizaine d’heures de jeu en perspective, en proposant un vrai challenge et de la variété grâce aux conditions uniques de chaque affrontement.

Le second mode est Chronique de l’âme, c’est tout simplement le mode histoire. Ici même principe, on enchaîne les combats entrecoupés de dialogues sur fond d’illustrations, qui a au moins le mérite de donner des informations vitales pour la compréhension de l’histoire et des relations entre les personnages principaux. Il y a donc une trame principale qui vous permet de vivre l’odyssée de Killik et ensuite une autre pour chacun des 20 personnages composant le casting de départ. Sinon vous pouvez toujours jouer au mode arcade et affronter 8 personnages d’affilée sans parlotte avant de bretter contre le boss final.
On pourra noter l’absence d’un mode survie qui aurait pu rajouter un peu de variété et de défi. De même pour le mode Team Battle, qui était pourtant devenu un classique de la licence. Le jeu n’offrant qu’un vulgaire mode Versus minimaliste pour affronter ses amis en local. Vous pourrez tout de même compter sur le mode réseau pour jouer en ligne en partie rapide ou classée, pour bretter avec des épéistes du monde entier en toute fluidité.


Taki comme perso ?
Le roster est un peu plus restreint que le dernier épisode, avec seulement 20 personnages disponibles au départ auquel s'ajoute le boss de fin à débloquer en terminant une première fois le mode Balance de l’âme. On y retrouve Killik et sa bande : Maxi, Mitsurugi, Cervantes, Ivy et ses jumeaux, Nightmare, Taki, Voldo. On retrouve avec plaisir Sophitia et le sublimissime Raphaël. 3 nouveaux combattants ont rejoint le casting : l’effroyable Azwell, la fine lame Groh et Geralt de Riv le sorceleur. Chacun a un style inédit dans la série et s’intègre parfaitement bien dans le casting.

Les personnages ont eu droit à un traitement soigné, parfaitement animé et bien modélisé. On ne peut malheureusement pas en dire autant sur le reste, Namco recyclant son moteur sous Unreal Engine 4 de Tekken 7, qui était déjà assez limité pour cette génération. Le jeu accuse un très sérieux retard sur les dernières productions sorties quelques jours et semaines avant. Les décors sont peu inspirés et tristement vides, les arrières plans sont flous et la caméra est un peu trop proche des combattants, sans doute pour cacher la misère.

Heureusement le jeu est d’une fluidité irréprochable. Les 60 fps sont solides comme un Astaroth et on ne peut que saluer le dynamisme et les animations spectaculaires des coups spéciaux et combos de chaque épéiste. Testé sur une Xbox One X, le jeu reste capé en 1080p et sans HDR malgré les 6 téra-flops de la bête et c’est bien dommage. Mais concentrons-nous plutôt sur l’âme du jeu, le gameplay.

Malgré les 6 ans d’absence de la licence, on se sent tout de suite à la maison, prenant un plaisir intense à retenter tous les combos qui avaient forgé notre skill légendaire sur les 5 derniers opus.

Le gameplay se veut plus accessible avec des raccourcis de combinaisons de touches sur les gâchettes de la manette et les combos de base sont beaucoup plus dévastateurs que par le passé. La prise en main est instinctive et les animations participent grandement à la sensation de rapidité dans l’exécution des mouvements des combattants, tout s’enchaîne sans accroc et c’est très agréable à regarder. De plus il y a une vraie marge de progression pour les joueurs exigeants, ce qui pourra créer un vrai fossé entre, ceux qui appuient sur tous les boutons et les épéistes chevronnés qui auront poncé le mode entraînement, qui est d’ailleurs plutôt bien fait.

Deux nouvelles fonctionnalités viennent dynamiter la formule : premièrement le coup fatal, qui à la manière de Tekken 7, se déclenche d’une simple touche. Se lance alors une attaque dévastatrice, dans une mise en scène spectaculaire. Si votre adversaire a le malheur de baisser sa garde, les dégâts seront considérables. Une barre de rage sur 2 niveaux fait également son apparition. Elle monte au fur et à mesure des coups donnés et reçus, et vous pouvez alors utiliser le coup fatal ou alors passer en Soul Charge pour gagner énormément en vitesse et puissance pendant un court laps de temps. La seconde fonction portant le nom barbare de « Reversal Edge » permet de déclencher un coup spécial, créant une animation au ralenti, durant laquelle chaque joueur devra choisir une touche entre 3 touches d’attaque pour prendre l’avantage sur l’autre. Si jamais vous tombez sur la même touche, l’animation se relance et si jamais c’est à nouveau le cas, c’est celui qui est à l’initiative qui prend l’avantage et pourra profiter de la fenêtre de vulnérabilité créée. Attention donc, car cette technique peut rapidement se retourner contre vous et vous faire perdre le combat.

Ces deux fonctions apportent donc un souffle de fraîcheur, sans dénaturer l’esprit de SoulCalibur tout en apportant par la même occasion plus de tension et de spectacle.


La bande son est toujours aussi sublime, incontournable dans la saga. Les orchestrations donnent un côté céleste et chevaleresque au combat : un vrai bonheur pour les oreilles. Un mode Gallery est également disponible pour admirer de magnifiques dessins et en apprendre plus sur les personnages et les différentes armes sur l’ensemble de la saga SoulCalibur.

Côté succès, la très grande majorité est accessible avec un peu d’huile de coude, la plupart se débloqueront d’eux-mêmes dans les différents modes solo et vous devrez combattre au moins une cinquantaine de fois dans le mode online. Terminez le mode arcade en légendaire risque cependant d’être assez coton.
Conclusion
Cette dernière mouture de SoulCalibur ne réinvente pas la série, mais a le mérite de donner un petit coup de fouet bienvenu à la licence. Elle offre des combats plus nerveux et spectaculaires qui sont soutenus par des animations fluides et maîtrisées. C’est malheureusement techniquement parlant que le jeu déçoit. Il jette le chaud et le froid avec d'un côté une modélisation des personnages plutôt corrects et de l'autre des décors manquants de consistance.

SoulCalibur VI aurait mérité mieux. Les modes solos sont assez conséquents, mais ils manquent de variété et un peu de fun. De même pour le mode multi local privé de son Team Battle.

Si vous avez apprécié la licence, le jeu reste une valeur sûre, mais soyez prévenu, vous rentrer en terrain connu.
Note 7/10
On aime
- Le mode Balance de l’âme consistant
- La création de personnage fournie
- Une fluidité exemplaire
- Un gameplay bien nerveux
- Un mode en ligne qui fonctionne bien
On n'aime pas
- Des modes absents : Survie et Team Battle
- Graphiquement tout juste correct
- Un roster moins fourni qu’avant
- Trop peu de nouveautés
- Mode Chronique décevant et mal rythmé.
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SoulCalibur VI
Packshot de SoulCalibur VI  sur Xbox One
Date de sortie française 19 octobre 2018
Genre : Combat
Dev. : Bandai Namco Games
Edit. : Bandai Namco Games
PEGI 16
1 à 2 joueurs hors ligne - Jusqu'à 8 joueurs en ligne