Aragami: Shadow Edition (Xbox One)

par Kreuvaitte
Les jeux d’infiltration ne manquent pas depuis plusieurs générations de consoles : Hitman, Splinter Cell, Metal Gear ou encore Styx en font partie, tous dans des genres qui sont toutefois différents (tueur à gages, agent infiltré ou encore gargouille). Un autre type de personnage a également sa place dans le monde vidéoludique, et n’est autre que le ninja, incarnation même de la notion d’infiltration. La plupart d’entre nous se rappelleront immédiatement de la saga Tenchu, qui fut l’une des premières à exploiter ce domaine culturel comme terrain de jeu. L’eau a coulé sous les ponts depuis, et d’autres ninjas ont pris la relève de Rikamaru, dont un certain Arigami. Développé par Lince Works et sorti initialement sur Playstation 4 et PC, le titre débarque sur nos chères Xbox One à partir du 5 juin 2018, à l’occasion d’une réedition incluant le jeu original, ainsi que le DLC Nightall, constituant Aragami : Shadow Edition.
Aragami ?
La première question que l’on est en droit de se poser : qu’est-ce que Aragami ? Il ne s’agit pas d’un terme japonais, mais tout simplement du nom du héros que vous incarnerez, ou du moins son esprit. Invoqué par une demoiselle en soif de vengeance envers un peuple qui aurait décimé le sien, celle-ci vous fera part de ses intentions et du pourquoi de votre existence. Celle-ci vous accompagnera alors durant toute l’aventure afin de vous guider et vous communiquer vos objectifs. Elle sera également là pour vous apprendre les différentes compétences dont vous disposez, en tant que représentant du monde des ombres.

Dans la vidéo qui suit, vous allez pouvoir découvrir les éléments de gameplay de l'histoire, mais aussi la partie graphique qui a été enregistrée sur une Xbox One X.




Un gameplay à dompter et évolutif
Au début de l’aventure, vous partez de rien, ou presque. Effectivement, vous êtes particulièrement allergique à toute source de lumière, devant compter sur les zones d’ombre pour regénérer vos pouvoirs de téléportation. C’est sur cette mécanique que le jeu vous amènera sur l’ensemble des niveaux, en agrémentant votre personnage de pouvoirs évolutifs, acquis par la récolte de parchemins, vous octroyant des points de compétence.

L’une des forces de ce jeu consiste à combler, au fur et à mesure de votre avancée, les points qui pourraient vous manquer. Deux exemples : en l’absence d’un HUD et d’une interface très minimaliste, vous pourrez rencontrer des difficultés à repérer les ennemis. Vous pourrez alors acquérir un marqueur d’ennemis (comme un GPS). Second exemple : vous vous direz rapidement « j’aimerais bien pouvoir cacher les corps de mes victimes, comme dans Assassin’s Creed ». Chose que vous aurez la possibilité de faire en toute facilité une fois la compétence nécessaire acquise. Il faudra cependant accorder toute l’importance à la recherche des parchemins mentionnés, au risque de finir le jeu avec difficulté, sans compétences majeures acquises pour votre personnage.

Un sabre à mettre entre toutes les mains ?
Niveau difficulté, que l’on soit d’accord : il ne s’agit pas d’un jeu que l’on pourrait qualifier de « grand public », mais plutôt destiné aux aficionados de l’infiltration. Effectivement, le jeu s’apparente sur certaines sections à un die and retry, vous situant dans des zones assez vastes avec un nombre conséquent d’ennemis, rendant la discrétion difficile, voire très difficile, même avec vos pouvoirs de téléportation d’une zone d’ombre à une autre. Il faut donc faire preuve de persévérance et faire parfois le choix de ne pas explorer tout une zone pour pouvoir avancer. En terme de méthode, certains passages finiront par être réalisés en « mode rush » car même en se faisant détecter par 15 ennemis, vous pourrez vous en sortir si vous faites preuve de rapidité et d’agilité. Au pire, les niveaux pourront être rejoués par la suite pour collecter les objets qui déclencheront bien entendu des succès.

Concernant les ennemis, ils seront particulièrement gênants car, en terme de vie, vous n’aurez pas à faire à un système à la Call Of Duty, puisqu’une seule charge d’un ennemi et vous mourrez, puisque celui-ci vous balance un éclair de lumière via son sabre, lumière à laquelle vous êtes particulièrement vulnérable. Il s’agit d’un point original, mais qui est parfois assez frustrant, lorsque vous avez joué 10 minutes en vous débarrassant de 15 ennemis, et que le dernier ne vous rate pas. Cela oblige à toute prudence avant de prendre vos décisions d’actions ou de déplacement. En parlant d’alerte, celle-ci est donnée lorsqu’un corps est découvert (d’où le besoin de les faire disparaitre) ou encore bien entendu lorsqu’un ennemi vous aperçoit. Au bout d’un moment, si vous êtes bien caché, la tension se relâche mais les ennemis ne vous ont pas oublié, et l’attention redouble.

Un jeu pour chasseur de succès ?

Concernant les succès justement, ceux-ci sont au nombre de 51, ce qui n’est pas négligeable et annonce de nombreux challenges. Certains se déclencheront sans effort de votre part, comme ceux qui se débloqueront après avoir fini chacun des niveaux, mais d’autres feront appel à votre imagination, comme par exemple « Réaliser une attaque aérienne d’une hauteur de 10 mètres ». Particularité qui ne se présente pas dans beaucoup de jeux : les valeurs des succès. Là où l’on acquiert communément des succès à 10G, 20G, ou encore 100G, les conventions sont ici brisées sur toute la ligne, puisque vous aurez droit à 19G, 22G ou 24G pour la majorité des succès. Pourquoi pas. Après avoir fini les 13 niveaux de la trame principale ainsi que celle du contenu téléchargeable (inclus), vous aurez près de 700G débloqués, le reste étant relatif à des actions particulières à réaliser, n’étant pas insurmontable, et à des collectibles à récolter en rejouant les niveaux. La seule difficulté peut concerner les succès nécessitant d’obtenir des notes particulières en fins de niveaux (à la Dévil May Cry, de « A » à « S »).

Un air de Assassin’s Creed premier du nom

Les musiques du jeu sont très apaisantes et en parfait accord avec l’environnement dans lequel vous évoluez (plein Japon féodal), ce qui est plutôt adapté puisque vous devrez généralement faire preuve de sang froid.

Au niveau des objectifs, ceux-ci sont un peu toujours les mêmes : briser des sources de lumières, récupérer un objet (talisman ou autre), le plus fréquent restant « accéder à la zone suivante ». Cette répétitivité rappelle parfois le premier opus de la série Assassin’s Creed.
Conclusion
En conclusion, Aragami : Shadow Edition vous propose deux jeux en un, que vous pourrez achever en solo ou en mode coop en ligne. Les visuels sont plutôt convaincants, proches d’un cell shading. La difficulté inégalée pourrait toutefois vous décourager, ainsi que les objectifs qui deviennent malgré tout relativement répétitifs. Quoi qu’il en soit, les jeux d’infiltration mettant en scène des ninjas étant assez rares, le jeu saura combler les fans de ce type de personnage. La durée de vie du jeu en fera un bon investissement, mais sa violence crue et difficulté notable n’en feront pas un titre à mettre entre toutes les mains.
Note 7/10
On aime
Durée de vie globale
De beaux environnements de jeu
Un gameplay évolutif
On n'aime pas
Difficulté du boss de fin, qui ne ressemble pas du tout à un boss de fin
Une difficulté mal équilibrée selon les niveaux
Des objectifs assez répétitifs
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Aragami: Shadow Edition
Packshot de Aragami: Shadow Edition sur Xbox One
Date de sortie française 05 juin 2018
Genre : Infiltration
Dev. : Lince Works
Edit. : Lince Works
PEGI 16
1 joueur hors ligne - Jusqu'à 2 joueurs en ligne - Coop en ligne