Assassin's Creed Odyssey (Xbox One)

par Lestat
Une année après nous avoir fait découvrir l’Égypte des pharaons, Ubisoft (Québec ce coup-ci) nous entraine dans la Grèce antique pour un voyage mélangeant savamment ancien et nouveau. Une sorte d’ode homérique au quasi copié/collé réussit dans lequel le charme opère une nouvelle fois.
Les origines des origines
Le terme de Misthios ne vous dit rien ? C’est normal, à défaut d’être du chinois, il s’agit de grec et d’un mot qui signifie plus particulièrement « engagés, employés en louage » ; en somme mercenaire. C’est ce que vous êtes : un ou une misthios. Cela en fonction du choix opéré dès le début de l’aventure : chausser les sandales de Kassandra ou celles d’Alexios. Pas de dilemme à avoir, l’opération est purement cosmétique, car l’histoire ne diffèrera pas d’un iota (9ème lettre de l’alphabet grec au passage) tant dans les diverses situations rencontrées que dans les lignes de textes.
Petit conseil : jouer Kassandra donnera plus de saveurs et plus de piquants à certains dialogues qui sont au demeurant forts bien écrits tout au long de l’aventure. Bien mieux d’ailleurs que dans Origins. Avec en outre le sentiment de façonner son destin en choisissant certaines réponses plutôt que d’autres et en influant (légèrement) sur la suite des évènements : c’est nouveau et c’est peut-être d’ailleurs le seul élément innovant proposé par AC Odyssey, mais c’est diablement bien implanté et efficace.

Vous allez donc suivre les péripéties de celui ou de celle qui n’est bien évidemment pas qu’un simple mercenaire et qui va se retrouver propulsé sur le devant de la scène en pleine guerre punique (enfin à peu près, car des largesses avec l’Histoire ont été prises) : complots politiques, trahisons et multitude de personnages historiques (Périclès, Socrate et j’en passe) croiseront ainsi votre route pour une trame principale qui se déroule sur une bonne trentaine d’heures.

D’une manière générale, si le scénario démarre mollement, l’intensité monte vite en puissance (enfin au bout de 3 / 4 heures tout de même) et la trame principale est suffisamment haletante pour avoir du mal à lâcher la manette. Surtout si, comme moi, cette période historique compte parmi vos préférées. Soyons tout de même très honnêtes, ne vous attendez pas à de grands rebondissements ni à des twists d’une grande qualité : le tout reste assez convenu et les passages contemporains n’apportent plus rien depuis la disparition de Desmond. On les zappe donc pour revenir au plus vite dans l’animus.
Des Kilo(mètre)s de Grèce
Parce que comme d’habitude, Ubisoft place la barre très très haut. Sous ses dehors d’Assassin’s Creed Origins 2.0, Odyssey impose la plus grande surface de jeu jamais offerte. Composé pour moitié de terre et pour moitié de mer, le titre est une invitation à l’exploration et chaque paysage enchante. Les villes sont criantes de détails et se promener dans l’Athènes, berceau de la démocratie, ou dans la Sparte guerrière tient du vrai fantasme d’historien. Les développeurs ont encore une fois accomplit une réelle prouesse qu’il est possible d’applaudir bien fort des deux pieds (pour continuer à tenir le pad). On se promène ainsi toujours à pieds en pouvant escalader 99,9% des surfaces ou à cheval.



Le titre est franchement beau (tout autant qu’Origins, mais avec des personnages bien mieux modélisés) et on se surprend à le parcourir de long en large sans utiliser le système de déplacements rapides, pourtant toujours de mise une fois les points classiques synchronisés ou les lieux importants visités.

On retrouve en ce sens exactement les mêmes mécaniques que celles découvertes l’an dernier avec des zones à explorer à 100%. Même le système des phylakes a été repris : ces derniers font leur retour sous la forme de mercenaires qui se mettent à poursuivre le joueur en fonction des méfaits que celui-ci va commettre. Globalement, le titre propose un système qui ressemble à celui des GTA : vous pillez, vous tuez, vous volez et votre tête sera mise à prix. De 1 à 5 mercenaires vous courseront alors sans relâche… si la base est sympathique, dans les faits le jeu s’avère très pénible, et cela malgré le patch déployé récemment. Les mercenaires en question sont attirés sans doute par les phéromones dégagées par le héros et débarquent de n’importe où, n’importe quand, y compris pendant les missions d’infiltration ou les combats contre les « boss ». L’équilibrage est en plus raté car, quel que soit le niveau du mercenaire, celui-ci reste un gros sac à PV doté parfois de capacités bien vicelardes (feu / poison…). La solution consiste donc soit à tuer le commanditaire du contrat, soit à payer un montant plus ou moins élevé en fonction du niveau de recherche.

Et puisqu’on évoque les questions de niveau, sachez que le jeu classe toujours les différentes zones par difficulté afin de ne pas permettre d’accéder à tout, tout de suite et qu’une nouveauté a fait son apparition : l’équilibrage des ennemis se fait en fonction du niveau du joueur de sorte que dans les zones appropriées, les adversaires auront au maximum 2 niveaux de plus que le héros. Y compris lorsque vous retournerez dans les premiers lieux de l’aventure. Le point positif et que du coup on gagne constamment de l’XP, le point négatif étant qu’on ne peut donc pas « rouler » sur les adversaires.
Pour le Pirée le meilleur
Côté mer, le titre navigue dans des eaux connues : prenez Black Flag, modernisez le un peu dans le pilotage du navire et vous obtiendrez Odyssey. C’est simple, accessible immédiatement et l’on retrouve les grandes lignes de ce qui fait le bonheur de naviguer sur les flots : batailles navales avec abordages, customisation de son vaisseau, upgrade à acheter à l’aide d’argent et de matières premières… le cahier des charges est connu, mais fait encore une fois le job de belle manière.

Les zones navigables sont toutes aussi importantes que celles qu’il est possible de parcourir sur terre et l’océan regorge de secrets (épaves englouties, trésors enfouis…) et de dangers (pirates, requins et même mercenaires embarqués pour vous traquer !). On retrouve le même plaisir de partir à la découverte avec une nouvelle fois des ébahissements de chaque instant quand une tempête se lève et qu’on en prend plein les mirettes.

C’est là que les Athéniens s’atteignirent

Pour finir, parlons un peu du gameplay et du système de progression. Là encore, si vous avez joué à Origins, vous ne serez pas dépaysés. Le jeu regorge de missions plus ou moins importantes et donc de moyens de gagner de l’XP. Une fois un niveau gagné, un point de compétence est attribué et celui-ci doit être placé dans l’un des trois arbres disponibles : distance, guerrier ou assassin. La nouveauté réside dans le fait que ces arbres contiennent des capacités passives, mais également des capacités actives que l’on doit équiper et assigner à une touche de raccourcis. Jusqu’à 4 capacités peuvent ainsi être sélectionnées et utilisées. Le système devient vite lourdingue en revanche lorsque l’on sait qu’il est possible, même en plein combat, de changer une capacité active au profit d’une autre. Il aurait été ainsi sympa de prévoir la possibilité d’enregistrer des combinaisons et de pouvoir les switcher à la volée sans repasser dans le menu.

Sachez d’ailleurs qu’Ubisoft Québec n’a pas rechigné à faire du grand spectacle : Alexios et Kassandra sont des guerriers hors pair qui maitrisent en plus de cela la magie. Les armes peuvent ainsi être empoisonnées ou enflammées et il est carrément possible d’utiliser l’une des armes phares du titre (chut secret) pour se téléporter sur l’adversaire et l’achever. Une fois cette capacité améliorée, c’est même trois kills qu’il sera possible d’enchainer de la sorte ! Les adeptes du réalisme repasseront, les autres s’amuseront devant ces possibilités encore plus cheatées que celles de Bayek l’an dernier.

Le soleil grec brille-t-il plus sur Xbox One X que sur une Xbox One Standard ? Effectivement, la claque de la résolution 4K est incroyable dans cette configuration, la Xbox One X bénéficie d'une résolution dynamique de 3840*2160. Pour un jeu en monde ouvert, c'est relativement remarquable, d'autant plus que le nombre d'images / seconde n'est pas pénalisé. Il reste globalement constant dans la fourchette de 28 à 30 images. Cette version n'a donc pas de talon d'Achille du point de vue technique. Sur Xbox One S ou Fat, le résultat est forcément moins performant, mais aux vues des capacités des deux versions, l'expérience sera tout aussi savoureuse. Et, quel que soit votre matériel, vous ne serez pas déçu.



Pour finir, sachez également que le jeu offre la possibilité de mener des conquêtes pour le camp athénien comme pour le camp spartiate et ainsi d’aider un camp à prendre le contrôle d’une région. Il faut pour cela au préalable accomplir un certain nombre d’objectifs secondaires : brûler des vivres, assassiner des généraux, libérer des prisonniers, jusqu’à affaiblir le souverain local. Une fois celui-ci assassiné, il sera possible de se lancer dans une bataille qui se veut épique, mais qui se résume au final à tuer le plus d’ennemis possible avant l’autre camp. Autant le dire, c’est un bon moyen de monter en niveau rapidement, mais au prix d’un challenge assez élevé. Par ailleurs, ces moments, fort heureusement optionnels à l’exception de la première conquête de tutoriel, sont peu exaltants. La faute aux toujours mêmes problèmes de caméra et de ciblages récurrents aux épisodes de la série et jamais vraiment corrigés.

Enfin, du côté des succès, Ubisoft, nous propose un cheminement assez familier qui sera loin d'être l'odyssée d'Homère. Avec 50 succès pour 1000G, la recette ne diffère pas du précédent épisode et les plus obtus seront récompensés. La patience est mère de sûreté.
Conclusion
Assassin’s Creed Odyssey est une vraie réussite. Oui c’est le même moteur que l’an dernier, mais en amélioré. Oui le gameplay est le même avec quelques nouveautés introduites. Oui il ressemble à un skin grec des aventures égyptiennes de Bayek. Tout cela, Ubisoft l’assume et le joueur le sait. Il n’en reste pas moins que chaque épisode qui passe améliore la recette précédente et qu’Odyssey retranscrit avec merveille la magie de cette période historique. Magie, politique, mysticisme, complots sont au service d’une histoire conventionnelle, mais prenante. C’est simple, une fois l’histoire principale achevée, on ne demande qu’à repartir à l’aventure.
Note 8/10
On aime
-C’est beau
-C’est grand
-Quel pied de parcourir la Grèce antique
-Le personnage de Kassandra
-Les voix (en VO)

On n'aime pas
-Il ne faut pas être allergique au recyclage
-Ne change pas tant de l’épisode Origins
-Les mêmes problèmes de caméra, d’IA et de collisions qu’à l’accoutumée
Twitter    Facebook    Twitch    Dailymotion    RSS
Assassin's Creed Odyssey
Packshot de Assassin's Creed Odyssey sur Xbox One
Date de sortie française 05 octobre 2018
Genre : Action / Aventure
Dev. : Ubisoft Entertainment
Edit. : Ubisoft Entertainment
Assassin's Creed Odyssey Compatible HDR sur Xbox One S
PEGI 18
1 joueur hors ligne