Hitman 2 (Xbox One)

par Lestat
Il aura fallu attendre deux années avant de voir se repointer le crane chauve au code barre le plus célèbre de l’histoire du jeu vidéo. 47 reprend du service pour cette suite directe de l’opus précédent. Il est donc temps de ressortir le costard noir et la cravate rouge pour exécuter les nouveaux contrats offerts. Enfin… offerts… nous y reviendrons car le titre a quand même un petit côté « DLC à 60 euros » qui pourrait avoir du mal à (tré)passer.
Le grand chauve avec un costume noir
Attaquons directement : Hitman 2 reprend exactement le même concept que le précédent épisode. A tel point d’ailleurs que le titre contient les 6 missions précédentes de sorte que les nouveaux venus puissent en bénéficier. Cela pose d’office la question du prix du jeu pour les acheteurs de la première heure qui disposeront donc en double de ce premier épisode sans bénéficier d’un tarif préférentiel pour ce qui pourrait être vu comme un pack de missions. L’argument des développeurs réside dans le fait d’introduire dans les niveaux de Hitman 1 les ajustements, les correctifs, ainsi que les nouveautés de gameplay (comme la mallette de transport) apportés par Hitman 2.

Ce constat étant posé, le titre propose 6 nouveaux environnements qui bien entendu vont vous faire voyager au 4 coins du monde. De la Nouvelle-Zélande en passant par les USA, la Colombie, l’Inde et l’île de Sgail en Atlantique Nord, le dépaysement est total. De tailles différentes, ces cartes n’en restent pas moins toutes intéressantes et bien pensées avec de nombreuses intrigues qu’il est possible de suivre pour éliminer les cibles assignées. A ce sujet, les développeurs ont pensé à tout le monde : les débutants comme les professionnels, car en fonction de la difficulté choisie, le joueur sera plus ou moins guidé. On peut ainsi se laisser prendre par la main avec des aides à la réalisation des intrigues qui empêchent de louper la cible, ou se laisser emporter par la passion de la découverte et créer soi-même ses propres scénarios ou méthodes d’exécution des contrats. Lorsqu’une mission est terminée, le joueur se voit d’ailleurs offrir la possibilité d’explorer immédiatement les autres intrigues laissées de côté, cela pour être certain de passer en revue toutes les possibilités offertes par ces moyens de tuer scénarisés. Et puisqu’on en parle, sachez que les développeurs ont là encore mis les petits plats dans les grands pour vous faire participer à des activités parfois assez exotiques (les intrigues de Bombay par exemple) et assassiner des personnages encore une fois hauts en couleurs et moralement très enfoirés : car 47 est un tueur mais c’est un gentil tueur au grand cœur tout de même. Il est même possible de commettre des meurtres par procuration en semant la zizanie dans un couple ou entre des amants jaloux pour les pousser à éliminer la cible.

On retrouve également le système de points et de classement qui permet de faire monter un niveau d’expérience d’assassin ayant pour effet de débloquer de nouveaux gadgets ou de nouvelles zones/costumes pour le niveau clôturé.
La recette est toujours la même avec une orientation de re-jouabilité poussée à l’extrême : les chasseurs de 2 000 G devront se triturer les méninges pour arriver à compléter à 100% un titre dont 50% des succès vous obligeront à refaire les missions du premier épisode. La durée de vie est largement acceptable, oscillant entre 10 bonnes heures pour compléter en difficulté normale les 6 missions et l’infini en fonction de l’envie et de l’intérêt à réinventer dans chaque scénario de nouveaux moyens de tuer.

Ha, ne cherchez pas en revanche de scénario : le service minimum est appliqué avec des cinématiques en 2D qui expédient une intrigue lapidaire centrée sur un mystérieux client ayant promis à 47 de lui révéler ses origines. Dispensable et surtout moins bien foutu que dans la toute première trilogie Hitman qui était bien moins avare en révélations.
On prend les mêmes et on recommence
Côté gameplay on reprend la même chose et on l’améliore sensiblement. Au rayon des nouveautés qui en sont vraiment (je ne parle pas de la mallette de transport déjà évoquée), notons la possibilité de se dissimuler dans les herbes ou encore dans la foule pour se faufiler et/ou semer des poursuivants. Loin d’être un gadget, cette feature renforce l’immersion et vient compléter le système de camouflage par actions antérieurement présent. Pour les néophytes de la franchise, il s’agit de la possibilité de faire semblant d’effectuer une tâche à condition de posséder le costume adéquat. Se faufiler devient donc vraiment simple et l’IA a donc été renforcée pour l’occasion. Du moins sur le papier. Dans les faits on se heurte encore à de nombreux ennemis stupides qui peuvent potentiellement se faire aligner les uns à la suite des autres (ce qui n’est pas le but). En revanche, ils sont plus prompts à détecter 47 lorsque son comportement est louche, que son costume est inapproprié ou, nouveauté, lorsqu’il s’approche menaçant et que son image se reflète dans une surface visible par l’adversaire. Il est désormais impossible d’aller étrangler ou assommer une cible qui regarde un miroir.


Pour le reste, le jeu reprend exactement la même base que précédemment pour le meilleur (la gestion des déguisements, les multiples possibilités offertes par les niveaux…) mais également pour le pire. On peste ainsi toujours contre le système de couverture peu intuitif, contre les gunfights mollassons et sans punch ou encore contre les combats au corps à corps d’une lourdeur affligeante. Les adversaires ont d’ailleurs la fâcheuse tendance à foncer tête baissée pour sortir leur arme presque au corps à corps. Et comme 47 réagit avec la lenteur d'une moule qui tente de se hisser au sommet d’un rocher, l’affrontement direct représente la mort assurée.

Pour autant et malgré les défauts propres à la série réinventée en 2016, Hitman 2 est extrêmement plaisant à jouer. Le côté sandbox du meurtre est sublimé par des graphismes qui soufflent le chaud et le froid. Ainsi, si la première mission est nettement en deçà, Bombay ou encore la dernière mission par exemple, sont de véritables perles : environnements d’une beauté enivrante, lumières dynamiques à tous les étages et volutes de fumées en mettent plein la vue au milieu de foules parfois extrêmement denses. En 4K, la console souffre parfois et si le mode « framerate élevé » permet d’assurer un framerate constant acceptable, passer en mode « Haute Qualité » pousse la console dans ses retranchements alors que le titre n’est pas à classer parmi les plus impressionnants techniquement. Un léger souci d’optimisation (qui se retrouve d’ailleurs dans la version PC) qui sera peut-être corrigé par un patch day one (ou plus tard).

A plusieurs c’est toujours meilleur
A côté du solo, Hitman 2 tente l’expérience multijoueur. Le mode contrat est d’ailleurs repris avec la possibilité de créer de A à Z des histoires à mettre en ligne pour que les joueurs du monde entier puissent participer. On décide ainsi de la cible ou des cibles à abattre et on personnalise jusque dans le costume ou l’arme à utiliser pour gagner.

Mais la vraie nouveauté de cet opus réside dans le mode Ghost, encore en beta à l’heure où nous écrivons ces lignes. Le concept est à la fois simple et intéressant : il s’agit ni plus ni moins d’un concours du meilleur assassin en 1vs1. Les deux joueurs ne se trouvent pas ensemble sur la carte mais jouent tous les deux à abattre une même cible dans un même environnement et avec les mêmes moyens, costumes, objets, outils à disposition. Ça n’est pas vraiment du multijoueur dans le sens où il est impossible de se retrouver mais le concept reste intéressant : le premier des deux joueurs à tuer la cible déclenche un compte à rebours (20 secondes) obligeant le second joueur à assassiner la cible. Si celui-ci échoue, un point est marqué par le premier assassin. S’il réussit, les points sont calculés en fonction de la méthode, de la discrétion ou de la manière d’exécuter le contrat. Il faut donc être à la fois malin, rapide et discret pour l’emporter. A voir comment les développeurs le feront évoluer mais ce mode de jeu est franchement intéressant et on aimerait voir arriver un vrai multi où des assassins présents sur la même carte en même temps soit collaborent, soit se concurrencent pour atteindre leurs objectifs.
Conclusion
Malgré un concept largement éprouvé en 2016, Hitman 2 est une réussite tant dans son gameplay peaufiné et légèrement amélioré que dans les niveaux présentés. Si le nombre de 6 peut paraître faible, la diversité des environnements, des situations mais également la multiplication quasi à l’infini des possibilités en font la simulation d’assassin ultime. Les petits défauts inhérents à la franchise sont certes encore présents mais ne suffisent pas à effacer le sourire sadique qui peut se dessiner sur le visage du joueur qui découvre que sa stratégie d’assassinat a fonctionné à merveille. On recommande donc chaudement le titre et on y retourne au plus vite !
Note 8/10
On aime
- Nouveaux environnements variés, riches et plaisants
- L’infiltration plus poussée
- Les intrigues assez démentes
- Toujours aussi jouissif
- Le mode Ghost a du potentiel
On n'aime pas
- Disparition des cinématiques et du scénario
- Peu de nouveautés de gameplay
- Bilan technique mitigé et chutes de framerate
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Hitman 2
Packshot de Hitman 2 sur Xbox One
Date de sortie française 14 novembre 2018
Genre : Infiltration
Dev. : IO Interactive
Edit. : Warner Bros. Interactive
Hitman 2 Compatible HDR sur Xbox One S
PEGI 16
1 joueur hors ligne - Jusqu'à 2 joueurs en ligne