Void Bastards (Xbox One)

par Lestat
Il y a parfois des ovnis vidéo ludiques. Ce qui tombe bien puisque Void Bastards prend place dans un vaisseau spatial, portant le nom S.T.A.R.V. La vie est donc bien faite pour le premier titre du studio Blue Manchu et édité par Humble Bundle : un jeu que l’on a du mal à classer dans une catégorie bien définie, puisqu’il mixe allègrement FPS, stratégie, survival, rogue like et univers procédural. Rien que ça. Alors on enfile sa combinaison et on file explorer les méandres d’un jeu qui divisera sans doute mais qui nous a bien accrochés. 
Inglorious robotic bastards
Void Bastards commence par une introduction qui plante directement le ton : bourré d’humour, souvent cynique, le jeu vous place dans la peau d’un personnage dont on n’a rien à faire puisqu’il va passer son temps à crever. En effet, le héros n’a pas de réelle identité, il n’a que des caractéristiques choisies aléatoirement par le robot facétieux qui va vous envoyer à l’abattoir. Le hasard est donc le maître mot des débuts de partie puisqu’on se voit assigner un protagoniste qui tantôt aura plus de santé mais sera plus vulnérable aux dégâts ou qui, par exemple, ne fera que des tirs critiques mais sera très sensible aux dégâts environnementaux. Notez d’ores et déjà que ces caractéristiques peuvent néanmoins être modifiées dans certains niveaux grâce à une machine spécifique, mais que cela requiert un coût. L'usage de l’ordinateur RH sera une alternative, mais vous allez devoir joueur longtemps pour cela.



La progression dans l’histoire, si on peut appeler cela une histoire, se fait de manière assez simple : une carte représente la voie stellaire qui s’offre à vous et une bulle vous montre l’objectif à atteindre. Entre vous et l’objectif, divers vaisseaux/planètes/astéroïdes par lesquels vous allez devoir passer. On se déplace case par case en consommant du carburant et de la nourriture qu’il faudra donc bien surveiller au risque de mourir. Un aspect gestion des ressources qui va nécessiter de devoir absolument explorer les vaisseaux près desquels vous allez accoster. Et de faire des choix constamment : sauter une case, dépenser de la ressource et embarquer dans un esquif spatial pour s’apercevoir qu’on n’a pas les moyens de l’explorer et que l’on doit faire demi-tour sera indubitablement pénalisant. Dans ce cas, un seul conseil : foncez à travers le niveau, récoltez au moins de l’essence et retournez au point de départ pour vous mettre bien à l’abri dans votre S.T.EV.




La Void du plus fort
Comme dit précédemment, la progression sur la carte vous amène à vous poser près de navettes plus ou moins hostiles. Un indicateur vous montre d’ailleurs brièvement ce à quoi vous devez vous attendre en abordant : le type d’ennemis et surtout les malus/bonus du niveau généré aléatoirement. Ainsi, si certains vaisseaux contiennent peu d’ennemis, ils peuvent en revanche être emplis de pièges énergétiques ou toxiques. Ou carrément bourrés de tourelles de sécurité. D’autres, blindés d’adversaires (une dizaine de sorte différente en tout) nécessiteront de bien faire attention à la manière de les aborder. Enfin, certains sont complètement plongés dans le noir ou emplis de fumée qui masquent toute visibilité.



Alors justement, que doit-on faire ? Void Bastards embrasse le classique de la progression par l’échec mais en lui donnant un côté rafraichissant : embarquer dans un vaisseau permet de récolter des composants, objets, munitions, essence et nourriture qui serviront à fabriquer des armes, des armures ou autres objets utiles pour la progression. Ceux-ci, une fois débloqués, seront conservés en cas de mort et serviront le prochain explorateur que vous incarnerez. En revanche, la progression dans l’histoire sera partiellement réinitialisée, à la manière d’un Dead Cells. D’ailleurs, une fois le jeu complété en une dizaine d’heures (mais après de nombreux runs), le seul intérêt d’y retourner est de compléter l’ensemble des schémas de fabrication en « farmant » les niveaux en espérant tomber sur ceux contenant les composants qui vous manquent. Une étape indispensable pour les 1000 G de toutes manières : ils vont vous demander de tout construire, de tout explorer et même parfois de réaliser certaines actions spécifiques. Bon courage d’ailleurs pour vous échapper de la nébuleuse avec la condition SANS ARME.



First Person Survival
Bon, il est temps d’aborder la partie FPS. En effet, Void Bastards bascule dans cette vue une fois prise la décision d’aborder un vaisseau. Au préalable on choisit parmi ce qu’on a débloqué une arme à feu (une dizaine à construire), une arme indirecte (grenade, fléchettes empoisonnées…) et un dispositif (outil de piratage des tourelles et même un petit chat robot explosif très pratique). Un court chargement après et nous voici plongé dans un niveau généré aléatoirement mais qui comporte toujours les mêmes salles essentielles. C’est d’ailleurs un petit reproche que l’on peut adresser au jeu, car on a systématiquement l’impression de se promener dans les mêmes environnements dont seules la disposition et la couleur du papier peint changent. Bref, vous retrouverez constamment la barre qui permet de trouver notamment une carte du niveau, le générateur électrique pour couper ou allumer le courant (avec un impact sur les défenses mais aussi les coffres/placards impossibles à ouvrir sans jus) et la salle de sécurité pour supprimer temporairement ou définitivement toute défense. Pour ce faire, le jeu met en place un système de clés à ramasser sur les adversaires ou dans les niveaux : on peut ainsi les dépenser pour réaliser les actions précédemment énoncées ou pour acheter des ressources dans certaines machines.



Tout cela à condition bien évidemment de survivre car les niveaux regorgent d’adversaires que l’on peut affronter ou, plus souvent, fuir. En effet, les munitions sont très limitées et tomber en rade signifie la mort quasi systématiquement. Heureusement, le personnage est très mobile et il est possible de courir à volonté d’une simple pression de gâchette. Une feature qui sera utilisée constamment (attention aux flaques d’huile tout de même) pour esquiver et s’échapper. Le gameplay est donc très dynamique et, flingue en pogne, il faut dire que l’on prend du plaisir à « strafer » et à tirer avec précision sur les ennemis que l’on choisit de dézinguer. Ceux-ci sont d’ailleurs basiques dans leurs réactions : une fois qu’ils vous ont repérés, ils vous harcèleront en vous poursuivant. Et si certains ne peuvent pas ouvrir les portes, la grande majorité d’entre eux le peuvent… il faudra donc se battre, courir ou mourir. Un schéma qui se répétera constamment jusqu’à ce que vous finissiez par vous lasser du jeu. Dans tous les cas, la recette fonctionne puisque toute exploration génère de la tension et du stress devant l’inconnu et l’impossibilité de savoir à quoi s’attendre.



Enfin, un petit mot sur la partie technique : en 4K, sur une Xbox One X, le titre ne souffre d’aucun ralentissement. Le cell-shading boosté par le moteur unity fait vraiment bien le job et colle complètement avec l’univers décalé et bande dessiné mis en avant dès le menu principal. Côté bande son, c’est plaisant mais répétitif. Un peu à l’image de tout le jeu en somme.
Conclusion
Pour 30 euros, Void Bastards est un investissement qu’il faut bien peser : proposant un univers atypique et une progression mixant rogue-like et FPS en cell-shading, le jeu demande de systématiquement effectuer les mêmes actions dans un univers généré aléatoirement. C’est justement cette partie aléatoire qui, du fait du hasard, provoque le plaisir de jouer car il est impossible à l’avance de savoir à quoi s’attendre quand on pénètre dans un niveau. Certains y trouveront leur compte tandis que d’autres crieront au scandale. Dans tous les cas, le jeu est disponible dans le Xbox Game Pass, ce qui veut dire que si vous êtes abonnés, vous n’avez aucune raison de ne pas vous y plonger.
Note 7/10
On aime
Univers décalé
Graphismes en cell shading
Génération aléatoire des niveaux bien stressante
Humour omniprésent
On n'aime pas
Répétitif dans les mécaniques
Les niveaux sont trop ressemblants
Peut lasser rapidement
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Void Bastards
Packshot de Void Bastards sur Xbox One
Date de sortie française 29 mai 2019
Genre : FPS
Dev. : Blue Mandchu
Edit. : Humble Bundle
PEGI 16
1 joueur hors ligne