Mortal Kombat 11 (Xbox One)

par Lestat
Qui ne connaît pas la saga Mortal Kombat ? Pour les nouveaux venus, il s’agit ni plus ni moins d’un jeu de combat en 1 vs 1 extrêmement violent et dont le premier épisode est sorti en 1992 sous la houlette de Midway. Le but à l’époque ? Détrôner le grand Street Fighter 2. La série se démarquait par son style brutal et l’introduction des fameuses « Fatality » permettant d’achever l’adversaire sur une note extrêmement sanglante. Au fil du temps le jeu s’est étoffé jusqu’à tenter un passage en 3D en 1997. Mais le vrai renouveau a eu lieu en 2011 lorsque sort Mortal Kombat (9ème opus) développé par NetherRealm Studios. Derrière ce nom se cache en fait une partie des développeurs de chez Midway, racheté par Warner Bros en 2009. Autant le dire, des habitués de la franchise et surtout de ce genre de jeux puisqu’ils sont aussi les géniteurs du portage vidéo-ludique du comics Injustice. Que vaut donc cette 11ème itération du jeu de baston culte ? Autant ne pas garder trop de suspens et être aussi direct qu’un uppercut fracassant le crâne de Kitana : le jeu reste klassique mais bon, très bon.
Prince of Kombat : les sables du temps
Attention, accrochez-vous, nous allons commencer par évoquer le mode histoire et donc le scénario du jeu. Pour les petits moqueurs qui ricanent au fond, sachez que tous les opus de la série disposent d’un background plus ou moins développé. Si je vous en épargne le résumé jusqu’à l’épisode Armageddon, sachez que depuis 2011, NetherRealm Studios a mis en place une nouvelle timeline qui fait référence à la précédente tout en s’en écartant suffisamment pour développer une histoire plus originale qu’« il y a un tournoi à gagner pour sauver la terre ». Ainsi, l’épisode précédent se finissait de manière assez peu joyeuse : le dieu ancien Shinnok était vaincu par Cassandra Cage, mais au prix d’un lourd tribut puisque notamment Liu Kang et Kitana étaient changés en zombies et prenaient possession du NetherRealm (l’Outremonde). Pire que tout, le jeu faisait émerger un Raiden basculant du côté obscur de la force pour protéger quoiqu’il en coûte la terre. Mortal Kombat 11 s’inscrit dans cette continuité avec une thématique qui ferait plaisir à Ubisoft : les sables du temps ont été réveillés et utilisés par la grande méchante de cet épisode. Elle souhaite s’en servir pour réécrire complètement l’histoire de la saga et effacer purement et simplement Raiden de toute existence. Ce plan fomenté par Kronica (à un R près on pouvait lui reprocher d’être un peu cliché), ne va bien évidemment pas se dérouler comme prévu et bouleverser le continuum espace-temps pour un résultat qui réserve son lot de surprises : les anciennes versions des personnages vont débarquer dans le monde actuel pour aider et/ou affronter leurs homologues. Pendant 5 trop courtes heures, vous allez assister à un déluge d’explosions, de moments de bravoures, de sacrifice et même d’émotions (sisi) entrecoupés de combats. Une mise en scène qu’il faut saluer par sa réalisation, sa maîtrise et son dynamisme : ça déboite et surtout c’est très bien mené… si on aime les séries Z. Le scénar ne vole pas bien haut, mais peu importe, tout est vraiment fait pour embarquer le joueur sans aucun temps mort.


Certaines scènes présentent d’ailleurs des chorégraphies de haute volée dignes d’un John Wick ou d’un John Woo. Notamment les affrontements dans lesquels les héros alternent entre combat à distance et corps à corps. Entre chaque cinématique, le jeu vous proposera parfois de choisir entre deux combattants pour affronter les méchants emblématiques de la série et faire avancer l’histoire. Une bonne manière de commencer à appréhender les différents combos des personnages pour se faire la main. En mode moyen, ce mode est très simple à finir, le dernier boss excepté. Mais dans la grande tradition des Mortal Kombat il suffit de le spammer de coups en mode gros lâche pour s’en sortir facilement.

Pour finir, ce mode solo permet aussi d’admirer le travail réalisé sur les décors, les personnages et les différents effets de toute beauté. Le jeu se dote d’une finesse inégalée sur les précédents titres et tire pleinement parti d’une télé 4K et d’une Xbox One X. Il suffit de regarder nos vidéos de gameplay pour s’en assurer : écarter les âmes sensibles de devant l’écran sera un préalable indispensable lors des fatality ou même lors des Fatal Blow sur lesquels nous reviendrons. Enfin, côté bande son / bruitages, le titre fait dans l’efficace et le direct : les os craquent au moindre impact, les personnages hurlent de douleur ou rient de manière sadique.



Les Komptes de la Krypte
À côté de cette mise en bouche effectuée en solo (avouez que cela demande de la souplesse), le jeu regorge de modes différents. Pour rester dans les plaisirs solitaires, et à côté des tours classiques, le jeu marque l’évolution du mode défi par le biais des « Tours du Temps » : il s’agit d’enchaîner les combats contre des adversaires de plus en plus durs avec des conditions qui vont vous polluer littéralement l’existence. On retrouve ainsi les classiques stages dans lesquels votre vie baisse ou dans lesquels du poison pleut aléatoirement vous tomber sur la tronche et réduire votre résistance. Mais les développeurs vont très vite pousser le vice très loin : passées les tours tutoriels, le challenge gonfle drastiquement et il faudra être prêt à souffrir pour l’emporter… Avez-vous déjà affronté Shao Kahn dans le noir ? Avez-vous déjà combattu Frost dans une arène qui vous congèle et vous empêche de bouger tout en vous envoyant des missiles quand ce ne sont pas des météorites ? Avez-vous déjà rêvé d’affronter deux personnages avec vos touches inversées ? Non ? Et bien tant pis ! préparez-vous à en ch…pardon en baver. Certaines tours sont vraiment abusées et risquent d’en frustrer plus d’un. Heureusement (ou pas), le titre vous permet de gagner (ou d’acheter dans une vraie boutique avec du vrai argent) des items à activer pour essayer de compenser les malus par des bonus temporaires. Au bout du chemin : des récompenses qui serviront soit pour la krypte, soit pour kustomiser les combattants d’origine dans un menu dédié.


Un petit tour par ce menu personnalisation pour vous signaler que tout n’est pas purement cosmétique : en effet, vos objets utilisés les plus souvent peuvent gagner en niveau et donc en efficacité. Notamment pour lancer des combats IA : en gros vous composez une équipe de 3 défenseurs et vous l’envoyez botter les fesses d’une équipe adverse. Tout est géré par l’IA et vous vous contentez d’assister aux matchs (en pouvant les accélérer en X4). Là encore à la clé, des objets récompenses pour les tours ou la krypte. Notez tout de même que si l’IA joue pour vous, elle effectue automatiquement en cas de victoire une fatality ce qui peut servir pour les succès afférents (réaliser les 2 fatality de l’ensemble des personnages).
Plus intéressant, ce mode de kustomization vous permet de créer vos propres combinaisons de combos et de style pour chacun des personnages : vous pourrez ainsi fignoler aux petits oignons vos combattants pour créer des présélections correspondant à votre manière de jouer. Une bonne façon de surprendre les adversaires en ligne puisqu’affronter Sub-Zero ne donne pas d’indication sur la palette de coups choisis par votre adversaire.


Parlons-en justement de ce mode multijoueur : il est encore une fois très complet. Entre les affrontements pour s’amuser contre un adversaire aléatoire, contre un ou des amis en mode privé, ou dans des salons à créer ou déjà existants, il y a de quoi faire. Surtout si vous vous lancez dans le mode « Roi de la colline » qui devrait vous procurer un challenge assez relevé. Mais le gros morceau reste bien évidemment les séries de 3 matchs avec classement pour frimer auprès des copains en exhibant sa place dans le leaderboard. Signalons aussi le mode « Ligue de kombat » qui ne sera activé que dans 29 jours. Bref, vous allez en avoir pour un bon moment avant de faire le tour de l’ensemble des différents modes proposés par le titre. A noter d’ailleurs que lors de la trentaine d’affrontements effectués en ligne le weekend précédant la sortie du jeu, aucun n’a souffert de lag ni de déconnexion. Une bonne chose qui, il faut l’espérer, perdurera et effacera les débuts assez chaotiques du précédent opus. Heureusement d’ailleurs, car, pour l’anecdote, se déconnecter lors d’un match entraîne non seulement la victoire de l’adversaire restant, mais surtout provoque une « QUITALITY » sanglante.


Toutes les actions que vous effectuerez vous octroieront de nombreuses récompenses : si nous avons déjà abordé celles qui permettent de vous faciliter (un peu) la vie dans le mode « Tours du Temps », ce n’est rien comparé à ce qu’il vous faudra glaner comme or, comme Kristaux de temps, comme fragments d’âmes et comme cœurs pour ouvrir tous les coffres dont la Krypte regorge. Exit la vue FPS, cet épisode vous place à la troisième personne dans la peau d’un guerrier accueilli par le fantôme de Shang Tsung sur une île inhospitalière. Scénarisant à l’extrême l’expérience, le but ne se résume plus à simplement se promener et ouvrir des coffres avec l’aide de la tune gagnée en combat. Non, vous devrez résoudre des énigmes, trouver des objets pour avancer et surtout éviter de mourir à cause de pièges bien vicieux ou de bestioles peu accueillantes. On y trouve d’ailleurs des nouveautés comme la possibilité d’utiliser le marteau de Shao Kahn pour briser les murs, utiliser une forge pour créer des items ou encore dépenser de l’argent dans un sanctuaire qui viendra vous gratifier en objets divers et variés.
La Krypte est en fait le but final du titre puisqu’ouvrir tous les coffres et en découvrir tous les secrets seront essentiels pour compléter le titre à 100 %. Pas directement ceci étant, mais comme certains succès sont liés aux fatality à effectuer et que certaines se trouvent dans les coffres… vous aurez vite compris qu’il faudra s’y investir ! Et bien en comprendre l'économie générale qui repose sur 4 ressources différentes... on a vu plus simple.

Et le Kombat dans tout cela ?
Une fois que l’on a dit tout cela, on peut tout de même parler un peu du gameplay et des combattants : qui a déjà joué aux deux précédents opus développés par NetherRealm Studios ne sera pas dépaysé. On retrouve l’ensemble des possibilités introduites par les précédents jeux avec quelques ajustements salutaires. Ainsi, les jauges de renforcement d’attaque et de « cassage » de combos sont toujours présentent : elles permettent en appuyant sur une touche au bon moment de renforcer un coup spécial ou de contrer un combo qui commence à sentir mauvais. Ce système d'interruption diffère de l'ancien mais repose au final sur la même base. On note également l’apparition d’un coup spécial, utilisable une seule fois lors des 2 rounds : appelés « Fatal Blow », ces enchainements meurtriers (rappelant les coups X-RAY) sont presque aussi gores que les fatality et sont surtout super efficaces. Ils nécessitent simplement d’avoir sa barre de vie entamée aux deux tiers. Ils peuvent être contrés de manière très difficile ou évités de manière bien plus simple, ce que nous vous recommandons. Pour le reste, c’est du MK assez classique avec les deux poings (avant / arrière), les deux pieds (avant / retourné), la projection, les parades et les fameuses interactions avec le décor toujours aussi sympathiques. Chaque personnage peut également changer de posture en combat pour varier les combos. Les commandes répondent toujours au poil et le timing propre à la série doit être maîtrisé pour effectuer les enchainements ou les fatality (des jetons existent d’ailleurs pour les effectuer plus simplement). Un passage par le mode entrainement est encore une fois vivement recommandé, surtout qu’il permet de s’entrainer aussi à finir les combats.


Côté combattants, une fois le mode histoire terminé, vous pourrez mettre la main sur 23 personnages, voire 25 sous certaines conditions. On sait que des DLC viendront en augmenter le nombre, mais pour le moment, vous aurez de quoi vous amuser. Si on peut regretter l’absence de certains (nous n’aurions pas craché sur un Goro, une Sindel, un Ermac ou un Shinok), tous les présents sont en rapport avec le scénario développé. Pour les plus originaux d’entre eux, on retrouve l’officialisation en personnage jouable immédiatement de l’excellente Skarlet (qui n’est plus une vulgaire DLC), on note le retour d’Erron Black et l’apparition de Kollector. Ce dernier personnage est original puisqu’il est doté de 4 bras et trimballe sur son dos un coffre empli de babioles dont il se sert en combat : rapide et mortel, il ne faut absolument pas le sous-estimer et sa fatality est une vraie perle. Enfin, à côté des versions zombies des héros passés, vous pourrez retrouver les classiques Sonya Blade, Johnny Cage, leur fille Cassie ainsi que Jax et sa fille Jacqui. Un Mortal Kombat ne serait bien évidemment rien sans Sub-Zero, Scorpion et le très irritant Noob Saibot et sa projection maléfique. Pour finir sur cette présentation, notez l’introduction de Geras et de Cetrion, deux personnages en lien direct avec Kronica et aux styles de combats plutôt originaux. Tout cela pour dire qu’au final, la liste est plutôt complète et tous les protagonistes relativement bien équilibrés soit en vitesse, soit en force brute, même si des classiques comme Raiden ou Scorpion et ses téléportations emporteront sûrement l’adhésion des joueurs en ligne plus facilement. Chaque personnage dispose bien entendu de 2 fatality, 2 brutality et des provocations d’usage pour terminer les combats de bien belle manière, c’est-à-dire en torturant une ultime fois son opposant : attention, certains finish sont à la limite du supportable (coucou Kabal ou Baraka…). Vous êtes prévenus.
Conclusion
Il y aurait beaucoup de choses à dire encore sur ce Mortal Kombat 11 qui reprend des bases solidement établies par ses deux aînés. On a beau chercher, on ne trouve pas vraiment de choses à reprocher à cet opus qui fait le job avec maestria, le tout au travers d’une réalisation technique de haute volée. Le seul bémol que nous pourrions émettre concerne l’obligation de jouer connecté aux serveurs du titre : cela au risque de ne pas pouvoir accéder aux autres modes qu’au solo ou au Versus IA, ou pire de perdre les objets gagnés puisque tout (récompenses, Krypte, progression) est synchronisé en ligne. C’est peu gênant sur une console de salon, mais c’est tout de même à signaler surtout qu’en l’état la reprise rapide après une mise en veille nécessite de quitter et de relancer pour se reconnecter. Pour le reste, ne boudez pas votre plaisir et foncez sur Mortal Kombat 11 toujours aussi jouissif. Get over here !
Note 8/10
On aime
Histoire très sympa…
Très complet
Le online solide
Les personnalisations et la krypte
La réalisation technique
Les fatal blow qui détrônent certaines fatality
On n'aime pas
…mais histoire trop courte
Certaines Tours du Temps atrocement frustrantes
Obligation d’être connecté constamment
Quelques nouveautés de plus auraient été appréciables
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Mortal Kombat 11
Packshot de Mortal Kombat 11 sur Xbox One
Date de sortie française 23 avril 2019
Genre : Combat
Dev. : NetherRealm Studios
Edit. : NetherRealm Studios
Mortal Kombat 11 Compatible HDR sur Xbox One S
PEGI 18
1 à 2 joueurs hors ligne - Jusqu'à 10 joueurs en ligne