Bloodstained : Ritual of the Night (Xbox One)

par Lestat
Si le nom de Koji Igarashi ne vous dit rien, sans doute celui de Castlevania vous parlera plus. Et bien sachez que le bonhomme que nous venons de mentionner n’est ni plus ni moins que l’un des directeurs / producteurs / scénaristes de cette grande saga du jeu vidéo sur laquelle il a officié de 2001 à 2010. Il est aussi connu pour avoir participé plus qu’activement à un épisode mythique sorti en 1997, Symphony of the Night. Alors quand Igarashi quitte konami en 2014 et lance un kickstarter l’année suivante pour développer Bloodstained : Ritual of the Night, notre petit cœur s’est serré et on a prié très fort pour que le résultat soit à la hauteur. Après 5 ans d’un développement compliqué, il est temps de rendre notre verdict.
Symphony of Miriam
Bloodstained : Ritual of the Night (BROTN) prend place quelques années après le prequel, Bloodstained : Curse of the Moon sortie l’an dernier. On y retrouve des personnages communs comme Gebel, Zangestu ou encore Miriam, l’héroïne de cet opus. Il s’agit d’une jeune fille sur laquelle des expériences ont été pratiquées : des alchimistes lui ont implanté un pouvoir démoniaque, celui d’absorber des cristaux de pouvoir au risque de lui faire perdre son humanité. Alors qu’elle va être sacrifiée, Miriam tombe dans un profond coma dont la sort 10 ans après Johannes, un alchimiste qui lutte contre ses confrères.
Là, la trame qui se dévoile devient bien classique et surtout très propre à l’œuvre d’Igarashi : un château étrange est apparu, des démons le peuplent et un mystérieux livre semble être la clé de tout cela. Miriam plonge donc dans les profondeurs de l’édifice pour arrêter l’invocateur suprême à l’origine de tout ce bazar et vaincre les forces du mal.

C’est ainsi que va débuter un périple à la durée de vie variable puisqu’il est techniquement possible (nous l’avons fait) de boucler le titre en moins de 7 heures. Cela permet de voir l’une des trois fins mais bien entendu pas la meilleure et surtout vous passerez à côté de 80 % du titre. Il faudra dès lors compter une bonne trentaine d’heures (en fonction du niveau de difficulté car le mode normal est honteusement facile) si vous souhaitez boucler le jeu entièrement. Notez que la narration est assez sommaire et que la progression est cryptique : il faudra explorer et surtout bien lire les quelques rares lignes de dialogues proposées pour savoir où et quand aller. La progression est classique avec des pouvoirs spécifiques qui s’obtiennent en tuant les boss et qui offrent ensuite la possibilité d’atteindre des zones inaccessibles auparavant. On retrouve ainsi le double saut mais également des choses plus originales comme le rayon réflecteur. Il faudra réfléchir pour certaines, notamment pour l’obtention de la faculté de nager ou encore celle relative à la gravité. Mais chut, ne nous vous en dirons pas plus ! Sachez tout de même que la carte est grande, composée de larges zones à l’ambiance et aux adversaires différents, avec des points de sauvegarde et de téléportation relativement bien positionnés pour éviter trop de frustration en cas d’échec. Il y a également bon nombre de passages secrets à découvrir et on regrette l’absence de possibilité de positionner des marqueurs pour se souvenir des endroits dans lesquels il faudra retourner. Sachez enfin qu’il y a aussi des boss optionnels et tout un tas d’énigmes dissimulées à droite et à gauche. Bref c’est varié et inventif malgré le classicisme du cadre de départ.

Un new game + est disponible pour vous aider à tout compléter mais, attention, il ne permet pas de changer le niveau de difficulté choisi au départ. En soi, challenge excepté et quelques pattern de boss, cela n’influe en rien sur la quête des 1000G auquel aucun succès de ce type n’est rattaché. En revanche, pour obtenir ce sacrement tant espéré, il va falloir jouer encore et encore et surtout farmer encore et encore. Notamment pour obtenir tous les objets, toutes les armes, tous les cristaux et tout ce que nous allons maintenant évoquer ; ce qui tombe bien puisque les ennemis réapparaissent à chaque changement de salle.


Dawn of Aria Sorrow vania
Car Bloodstained : Ritual of the Night est un metroidvania qui prouve à quel point Koji Igarashi est maître de son sujet du début à la fin. Reposant sur des bases plutôt classiques et empruntées à ses autres titres, le jeu arrive tout de même à surprendre par l’ajouts de multiples mécaniques de gameplay qui fonctionnent. Tout d’abord, Miriam dispose de la faculté d’absorber les fragments contenus dans les ennemis pour acquérir de nouvelles techniques de combat, de défense ou encore de déplacement. De la même manière que dans Castlevania : Dawn/Aria of Sorrow, en tuant un adversaire vous avez une chance (définie par un certain pourcentage) de gagner son pouvoir. Vous pourrez ensuite l’assigner et l’utiliser (en échange d’un coût en mana) immédiatement. Ces pouvoirs se répartissent d’ailleurs en 4 catégories allant de ceux nécessitant d’être orientés via le stick droit en passant par ceux déclenchant un effet de zone pour finir surtout par les passifs et ceux permettant de se faire accompagner d’un compagnon à la manière de Castlevania : Symphony of the Night (SoNT). Cette dernière feature est d’ailleurs largement abusée car certains « pets » sont redoutables. Pour exemple, une fois débloquée, l’épée volante ne nous a pas quittés et elle fait très mal, notamment contre les boss surtout une fois améliorée au maximum.

Pour en revenir aux fragments, la liste est longue, très longue et elle est surtout extrêmement variée : on peut ainsi pétrifier les adversaires, les geler, les enflammer, déclencher des tornades de poison ou carrément envoyer temporairement des crapauds combattre à notre place. Il y a vraiment de quoi faire même si, in fine, on se retrouve à tout le temps utiliser les plus efficaces contre les gros ennemis au détriment de la jauge mana. Celle-ci remonte d’ailleurs en ramassant des roses obtenus en brisant les luminaires du château (encore un héritage de Castlevania) et elle s’augmente à la fois lors de la montée de niveau (on peut aller jusqu’à 50) ou en ramassant des items dédiés. BROTN est en effet un RPG comme l’était SoTN avec une feuille de personnage dont les points de compétences sont répartis automatiquement entre force, intelligence, chance etc… et augmentent à la fois lors d’un level up et en fonction des objets équipés.

Là encore, le jeu est généreux et propose une multitude d’armures, d’équipement qui changent à la fois l’aspect du personnage mais aussi ses stats. Tout l’équipement peut d’ailleurs être soit acheté dans le village du départ, soit crafté, soit looté sur les adversaires qui lâchent matières premières, bracelets, coiffes, armures et bien entendu armes selon un drop rate variable. Il est possible d’ailleurs de débloquer des emplacements de raccourcis pour switcher à la volée entre différentes configurations : pour exemple, nous utilisons une combinaison propre au farm qui augmente la chance au maximum, une propre aux boss et une propre à l’exploration aquatique.
Côté engins de mort, les armes sont également en nombre très conséquent : épées à une main, à deux mains, katanas, poignards, bâtons, bottes de combat, fouets, lances, hallebardes etc…. il y en a pour tous les goûts et pour tous les styles avec bien entendu des avantages comme des inconvénients. Et la possibilité de les améliorer là encore via le craft.
Par ailleurs, ces armes peuvent être maitrisées à l’aide de livres que l’on trouve dans des bibliothèques planquées un peu partout et qui en révèlent les secrets et combos. Ceux-ci sont puissants mais parfois difficiles à sortir à l’aide du stick et ce point de jouabilité mériterait d’être sans doute affiné pour permettre une expérience de jouabilité totalement satisfaisante.

Et puisque l’on parle de jouabilité, sachez que les petites erreurs de l’épisode Curse of the Moon ont été corrigés. Miriam réagit au poil, sans aucun problème de latence et la mort n’est due qu’à votre manque de réflexe ou à un équipement inadapté. Seul petit reproche que l’on pourrait formuler, ces séquences dans lesquelles on se trouve prisonnier d’un enchainement forcément mortel mais coutumier de ce genre de titres : un piège nous touche, on rebondit sur un ennemi qui nous touche et nous fait également rebondir sur le piège et ainsi de suite… cela arrive peu mais certaines zones comme la caverne enflammée ou la libairie ex machina risquent de vous donner des sueurs froides.
Ritual of 4K
Côté technique, le jeu est juste magnifique sur un écran 4K et une Xbox One X. Tant le charac design que la finesse des décors ou des ennemis forcent le respect. Le jeu est coloré, beau et fluide, loin de ce qu’il pouvait être au démarrage du projet kickstarter. Un vrai soin a ainsi été apporté au fignolage du titre. Certaines salles sont tout bonnement exceptionnelles avec des arrières plans somptueux. Il y a quand même certaines zones moins inspirées ou redondantes mais BROTN se place vraiment au-dessus du panier des Metroidvania.


Le test de Frame rate effectué au début du jeu et que vous pouvez retrouver ci-dessus doit toutefois être nuancé dans deux zones particulières qui font étonnamment mais drastiquement chuter le nombre de FPS en dessous de 30. Partout ailleurs, c’est la loi du 55/60 FPS qui demeure et c’est tant mieux!
Côté bande son, le titre met en place un certain nombre de compositions agréables et terriblement envoutante. D’un strict point de vue objectif, nous ne sommes pas à la hauteur de la BO de SOTN mais la musique reste de grande qualité, tout comme les bruitages et les (trop rares) voix.
Conclusion
Bloodstained : Ritual of the Night est une vraie réussite. Classique dans son approche, il arrive néanmoins à surprendre grâce à un level design et à des mécaniques de gameplay qui ne se reposent pas sur les acquis des productions précédentes d’Igarashi. Long et immensément généreux en termes de contenu et d’exploration, BROTN va vous occuper longtemps dans l’attente des nombreux DLC gratuits promis dont un mode boss rush qu’on a hâte d’essayer tant certains d’entre eux peuvent être corsés au-delà du mode facile. Un must have pour qui aime le genre et le jeu parfait pour passer un été à explorer !
Note 8/10
On aime
Riche, complet et varié
Gameplay diversifié
De bonnes nouvelles idées
Certains décors somptueux
Bestiaire varié
Boss intéressants
On n'aime pas
Des éléments déjà connus
Commandes trop sensibles pour certains combos
Trop facile en mode normal
Manque parfois d’indication (courage pour l’eau)
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Bloodstained : Ritual of the Night
Packshot de Bloodstained : Ritual of the Night sur Xbox One
Date de sortie française 18 juin 2019
Genre : Action / Aventure
Dev. : 505 Games
Edit. : Artplay
PEGI 12
1 à 2 joueurs hors ligne - Coop hors ligne